Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
Cet autobus électrique de 80 passagers sera exploité par Allin Group, l’un des exploitants locaux de Protransporte, sur la ligne Corredor Rojo, l’une des artères les plus fréquentées de Lima. Sa batterie pourra être rechargée en quatre heures pour 150 km d’autonomie.
Cet autobus électrique de 80 passagers sera exploité par Allin Group, l’un des exploitants locaux de Protransporte, sur la ligne Corredor Rojo, l’une des artères les plus fréquentées de Lima. Sa batterie pourra être rechargée en quatre heures pour 150 km d’autonomie.

L’expertise d’Hydro-Québec dans l'électrification des transports voyage

CHRONIQUE / L’annonce a quelque peu passé sous le radar avant la période des Fêtes. Le 12 décembre, Hydro-Québec avec d’autres partenaires intégrait un premier autobus électrique dans le réseau de transport en commun de Lima, au Pérou.

Le Partenariat mondial pour l’électricité durable (PMED) et les entreprises membres Enel X sont ces autres partenaires avec qui Hydro-Québec a inauguré ce service d’autobus électrique pouvant transporter 80 passagers sur la ligne Corredor Rojo, l’une des artères les plus fréquentées de Lima. 

«Nous travaillons déjà de concert avec des sociétés de transport du Québec [la STM et la STL] sur des plans d’électrification des flottes d’autobus», souligne Vincent-Michel Duval, un des ingénieurs collaborant au projet à Lima. «Ce genre de projet nous permet de vérifier la possibilité de répliquer dans divers lieux, comme les infrastructures de recharge, etc.»

Quant aux chargeurs pour recharger un tel véhicule, M. Duval spécifie qu’une borne rapide de 80 kW — celles du Circuit électrique sont de 50 kW — est nécessaire pour donner 150 kilomètres d’autonomie à la suite d’un branchement durant quatre heures.

Vendre des kilowatts-heures au lieu du temps?

Parlant d’Hydro-Québec, cela nous amène à parler du Circuit électrique.

On a appris que depuis le 1er janvier 2020, le tarif horaire a subi une légère majoration, passant de 11,50 $ l’heure à 11,78 $ l’heure, facturé à la minute. Cette hausse est prévue en vertu du règlement gouvernemental sur les tarifs d’utilisation du service public de recharge rapide pour véhicules électriques. Les tarifs sont indexés au début de chaque année, selon l’indice des prix à la consommation.

«Il reste que notre tarif est très compétitif, si on compare à ceux des autres fournisseurs comme Flo, en Ontario, par exemple, où ça coûte jusqu’à 15 $ l’heure», affirme Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec et du Circuit électrique.

Mais là où le Circuit électrique fait jaser, c’est surtout sur la base de sa tarification. Un lecteur de Lévis, André Verville, a récemment écrit une lettre d’opinion dans Le Soleil à l’effet qu’un changement dans la loi s’imposait.

«On dira qu’il existe pourtant plusieurs réseaux de bornes de recharge distribués sur notre territoire, et que celles-ci sont évidemment payantes. Non, ce qu’on vend, ce n’est pas de l’électricité, mais plutôt un service de stationnement de véhicule et de fourniture d’électricité. On a le droit de vendre du temps de recharge et on vous facture en conséquence, pas des kilowatts-heures!» écrivait-il. En effet, la loi sur Hydro-Québec interdit à quiconque de vendre de l’électricité en kilowatts-heures.

Pourquoi alors? Il ne serait pas plus simple de payer les kilowatts-heures au même titre qu’on paie le carburant au litre?

«C’est qu’il n’existe aucun compteur approuvé par Mesures Canada. C’est la principale raison», explique M. Batty. «À notre connaissance, il n’y a pas de fabricant de compteurs qui travaille sur un tel produit. Peut-être plus tard...»

Alors, comment se fait-il qu’il existe des compteurs à la maison sur lesquels Hydro se base pour nous facturer? «Les compteurs à la maison fonctionnent sur une base continue. Pour les bornes et la recharge, il faudrait que le compteur puisse déterminer un début et une fin de session de recharge, ce qui n’existe pas pour le moment», conclut M. Batty.