Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
En 2019, Toyota présentait dans le port de Los Angeles le fruit d’une collaboration avec Kenworth dans la conversion à l’hydrogène d’un tracteur de semi-remorque. Avec la Californie qui offre jusqu’à 300 000 $ de subvention par camion à hydrogène, on comprend l’intérêt du constructeur.
En 2019, Toyota présentait dans le port de Los Angeles le fruit d’une collaboration avec Kenworth dans la conversion à l’hydrogène d’un tracteur de semi-remorque. Avec la Californie qui offre jusqu’à 300 000 $ de subvention par camion à hydrogène, on comprend l’intérêt du constructeur.

L’exemple californien du transport lourd à zéro émission

CHRONIQUE / Le Québec s’est souvent inspiré de la Californie pour établir ses politiques en matière de réduction d’émissions polluantes pour les véhicules. Une étude publiée mercredi recommande au gouvernement québécois de s’aligner sur un programme de l’État de l’ouest des États-Unis.

On parle souvent des voitures personnelles, ainsi que des camions légers. En ce qui concerne les camions lourds affectés au transport de marchandises, l’électrification se fait lentement.

Au lendemain de la parution d’un article sur l’annonce d’Amazon qui intégrera dans son parc 10 camions Lion6 de la Compagnie Électrique Lion de Saint-Jérôme, l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) publiait une étude qui recommande à Québec de s’inspirer des mesures prises en Californie. La note d’intervention, nommée Électrification du transport commercial: le cas de l’Advanced Clean Trucks de la Californie conclut que «cela irait sans doute dans le sens des propositions les plus structurantes acheminées à la consultation que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec vient de réaliser à propos de la norme véhicules zéro émission [VZE], dans le cadre de la publication prochaine de sa stratégie d’électrification de l’économie du Québec».

En gros, l’Advanced Clean Trucks (ACT) de la Californie, d’abord publié une première fois en 2018 et réédité depuis, impose des quotas du nombre de camions lourds à zéro émission (ZE) à partir de 2024 jusqu’en 2035. Ces quotas vont en augmentant chaque année.

Par exemple, en 2024, les camions à zéro émission devront composer 5 % des objectifs de vente des camions de classe 2B à 3, 9 % pour les classes 4 à 8 (sauf les tracteurs) et 5 % pour les tracteurs de classe 8. Ces objectifs augmenteront annuellement pour atteindre 55 %, 75 % et 40 % en 2035.

Subventions

Pour y arriver, l’État de la Californie offre des incitatifs variant entre 20 000 $ et 150 000 $ pour l’achat de camions ZE. Ceux qui optent pour les piles à combustible (hydrogène) pourront avoir 300 000 $.

En ce moment, au Québec, le programme Écocamionnage propose une subvention couvrant 50 % des dépenses admissibles jusqu’à un maximum de 75 000 $ pour l’acquisition d’un véhicule à propulsion hybride électrique ou électrique. Également, pour la conversion d’un camion à essence vers l’électricité, Québec offre un rabais pouvant aller jusqu’à 15 000 $ par véhicule.

En Californie, les subventions en vertu de l’ACT varient entre 15 000 $ et 71 250 $ pour les conversions, selon le poids du véhicule.

L’auteur de l’étude, Gilles L. Bourque, chercheur à l’IREC, qui a travaillé une dizaine d’années chez Fondaction en tant qu’économiste, est «très confiant» que Québec s’aligne sur les normes californiennes.

«Je crois que ça a de bonnes chances d’aller dans cette direction, dans la mesure où le Québec s’est déjà inspiré de la Californie pour la première version des normes de véhicules zéro émission pour les passagers. Je pense qu’on va aller dans le même sens prochainement», dit le chercheur qui travaillé autrefois dans la transition dans les transports.

«Chez nous, c’est assez faible. Ici, les subventions vont jusqu’à 75 000 $. C’est faible par rapport à ce qui est donné en Californie», dit M. Bourque au sujet des programmes actuels du gouvernement du Québec.

Au Québec, les émissions de GES produites par le transport lourd est passé de 3,85 millions de tonnes en équivalent dioxyde de carbone (Mt éq. CO2) à 9,87 Mt éq. CO2 entre 1990 et 2015. Cette augmentation de 6,03 Mt éq. CO2 représente une hausse de 156,5 % par rapport à 1990, selon l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2015 et leur évolution depuis 1990, Québec, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, paru en 2018.