Un ouvrier travaillant sur une batterie d'une Nissan Leaf.

Les véhicules électriques, plus polluants à produire, mais...

CHRONIQUE / L’empreinte écologique des véhicules électriques fait beaucoup couler d’encre ces jours-ci. Dans les reportages diffusés récemment, on y accole un titre racoleur indiquant que l’auto électrique pollue plus que l’auto à essence, sans trop apporter de nuance.

Évidemment, c’est difficile de tout mettre dans un titre. Mais il est important de mettre les pendules à l’heure. La nuance qu’il faut apporter, c’est que les voitures électriques sont moins polluantes à l’utilisation.

Oui, c’est vrai, elles sont plus polluantes à produire. Allant même jusqu’à produire deux fois plus de tonnes de CO2 que les modèles à moteur thermique. Et cela en tenant compte de l’extraction des métaux «dit rares» nécessaires dans la fabrication des batteries. Pour donner des batteries, les procédés de transformation ne sont probablement pas très écologiques.

De plus, l’endroit où l’on demeure (lire la province ou la façon dont est produite l’électricité) est déterminant quant à l’empreinte écologique.

Pour illustrer la pollution produite par une Nissan Leaf, une Toyota Prius rechargeable et plusieurs autres véhicules à essence, on a trouvé un graphique compilé par le commentateur Barry Saxifrage en 2013 dans VisualCarbon.org et VancouverObserver.com.

Même si ces données datent de cinq ans, elles peuvent donner une bonne idée du portrait global.

M. Saxifrage a compilé les données des émissions de CO2 des véhicules et des batteries basées sur les données dans l’article «Comparative Environmental Life Cycle Assessment of Conventional and Electric Vehicles» paru dans Journal of Industrial Ecology.

Il spécifie toutefois que ces données d’émissions de CO2 ont probablement été sous-estimées.

La durée de vie moyenne de 320 000 km, spécifiée dans le graphique, a été établie par arb.ca.gov. Enfin, les données sur l’efficacité énergétique des véhicules à essence et électriques et l’empreinte de CO2 moyenne proviennent de l’Environmental Protection Agency (EPA) américaine, et les données sur l’empreinte de CO2 de la production d’électricité proviennent de BC Hydro, de l’EPA et de Carma.org.

Le Québec, champion
Ce qui est fascinant à la lecture des données de M. Saxifrage (et flatteur pour notre ego), c’est que le Québec est le grand champion en termes d’absence de génération de CO2 lors de production de l’électricité.

Selon le graphique, l’hydroélectricité génère à peine une tonne de CO2 pendant toute la vie utile de la voiture, alors que si l’électricité est produite par des centrales au charbon, le bilan de production de tonnes de CO2 est peu reluisant, dépassant même celui des sous-compactes ou des compactes à essence.

Quand on va à l’autre bout du spectre, celui des gros VUS ou des gros camions, la quantité de CO2 produite est sans équivoque. Par exemple, le bilan d’un GMC Yukon Denali, d’un Toyota Tundra 4 X 4 ou d’un Cadillac Escalade à traction intégrale se chiffre à 164 tonnes de CO2 pour l’ensemble de la vie utile de ces véhicules.