Un exemple de système avancé d’aide à la conduite est la technologie ProPILOT de Nissan. Elle contrôle partiellement l‘accélération, le freinage et la tenue de direction pour la circulation sur une seule voie.

Les systèmes avancés d’aide à la conduite, encore méconnus du public

CHRONIQUE / Savez-vous que plus de 6 automobilistes sur 10 ne connaissent pas les systèmes avancés d’aide à la conduite? Un chiffre étonnant, surtout que plusieurs véhicules vendus sur le marché sont équipés de ces systèmes.

La vraie donnée est que «61 % des automobilistes québécois ne connaissent peu ou pas les systèmes avancés d’aide à la conduite [SAAC]». C’est ce qui ressort d’un sondage Ipsos, commandé par Lebeau Vitres d’autos.

Les SAAC étaient jusqu’à il n’y a pas si longtemps offerts uniquement dans les véhicules de marques luxueuses ou dans les versions haut de gamme de certains modèles. Maintenant, on peut en retrouver dans les modèles intermédiaires les plus communs.

Par exemple, le régulateur de vitesse adaptatif. Aujourd’hui encore, on peut voir des points d’interrogation dans le visage des gens quand on leur en parle. La première fois que j’en ai essayé un, c’était en 2008 dans un Infiniti EX35. De nos jours, Nissan l’offre dans ses VUS Qashqai et Rogue.

D’autres SAAC sont de plus en plus répandus comme le freinage automatique d’urgence, l’alerte de sortie de voie et l’assistance de maintien de voie. Des systèmes qui pavent la voie à la voiture autonome.

Cela peut aller encore plus loin. L’Europe songe à rendre obligatoires les limitateurs de vitesse dans les véhicules. Ceux-ci ralentiront la voiture en se fiant sur la géolocalisation (GPS) et sur les panneaux de signalisation numérisés par la caméra située derrière le pare-brise. En fait, ce système existe déjà sur plusieurs véhicules de ce côté-ci de l’océan — soit le géoréférencement des limites de vitesse et les panneaux numérisés —, sauf que le véhicule n’adapte pas encore tout seul sa vitesse. Pour le moment.

Surestimation

Pour revenir à la méconnaissance du public vis-à-vis les aides à la conduite, l’étude d’Ipsos révèle aussi que «les automobilistes québécois semblent très nombreux à croire, à tort, que leur véhicule est équipé de SAAC. En effet, alors que moins de 15 % des véhicules qui composent actuellement le parc automobile québécois sont dotés de SAAC, 30 % des répondants affirment croire que leur véhicule en dispose et 13 % ne le savent pas.»

Et pourtant. Selon les données de la Fondation pour la sécurité automobile de l’American Automotive Association (AAA), les SAAC permettraient d’éviter 36 % de tous les accidents routiers et d’éviter 28 % des décès liés aux accidents de la route. Ce qui représenterait plus de 500 vies annuellement au Canada.

Et il faudra s’habituer à en voir de plus en plus. Selon les projections publiées par la firme SBD Automotive, plus d’une voiture neuve sur trois vendue au Canada en 2019 sera équipée de SAAC, doté de caméras. Ce qui représenterait 3,7 millions de voitures, ou près de 15 % de tous les véhicules en circulation au Canada. Ces mêmes projections prévoient une accélération très rapide de l’adoption de ces technologies pour l’avenir.

Cependant, ces systèmes peuvent avoir des limites. Un cas vécu dans une BMW de Série 5. Le système de détection d’objets de proximité ne voulait pas faire fonctionner la voiture dans une manœuvre de stationnement, alors qu’il y avait une imposante congère tout près. Bien que je savais que je n’y toucherais pas, le système s’obstinait à ne pas obéir à mon coup de pédale d’accélérateur et se réactivait tout seul quand je le désactivais. Bref, nous ne sommes pas encore prêts.

Enfin, saviez-vous que si vous faites remplacer le pare-brise, la caméra derrière celui-ci devrait être calibrée par la suite? En fait seulement 32 % des répondants le savaient. Je dois avouer candidement que j’aurais fait partie des 68 % si j’avais eu à répondre à ce sondage…

Méthodologie de l’étude d’Ipsos : l’enquête a été menée auprès d’un panel Web auprès de 1202 automobilistes canadiens âgés de 18 ans et plus, dont 250 répondants du Québec. L’enquête a été réalisée entre le 7 et le 11 février 2019.