Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
<em>Le Guide de l’auto 2021</em> et <em>L’annuel de l’automobile 2021</em> ont fait leur apparition fin septembre, début octobre. Heureusement pour les amateurs de ces livres de référence, ils sont sortis à temps pour Noël.
<em>Le Guide de l’auto 2021</em> et <em>L’annuel de l’automobile 2021</em> ont fait leur apparition fin septembre, début octobre. Heureusement pour les amateurs de ces livres de référence, ils sont sortis à temps pour Noël.

Les défis de publier des livres sur l’automobile

CHRONIQUE / Sortis presque deux mois plus tard qu’à l’habitude, les deux livres sur l’automobile sont désormais en vente dans les librairies et dans les grandes surfaces. Tout un défi de publier de telles briques de plus de 700 pages.

Le Guide de l’auto 2021 et L’annuel de l’automobile 2021 ont fait leur apparition fin septembre, début octobre. Heureusement pour les amateurs de ces livres de référence, ils sont sortis à temps pour Noël.

Les deux interlocuteurs à qui on a parlé soulignent la pertinence de tels ouvrages, même si la tendance pour l’imprimé est à la baisse.

«On a encore des ventes qui nous permettent de dire que ça vaut la peine de le faire. Mais, on le sait tous, le papier, ce n’est pas l’avenir. Faut préparer l’avenir, faut regarder dans quel sens on peut aller pour justement essayer de voir s’il n’y a pas une alternative. Est-ce que ça peut être un livre numérique? Sauf qu’au Québec, le problème, c’est que les gens n’achètent pas de numérique. Ou très très peu...» explique Benoit Charette, rédacteur en chef L’annuel de l’automobile.

De grands changements 

Comme déjà mentionné dans une précédente chronique, la pandémie de COVID-19 a beaucoup changé la façon de cueillir les informations. Les constructeurs organisent maintenant des lancements de moindre envergure et plus locaux, dans des conditions qui respectent les règles de distanciation physique. Les présentations techniques se font de façon virtuelle.

«Des lancements traditionnels comme on les a connus au fil des années, oui, on va probablement revivre ça un jour. Mais on s’est rendu compte, ce que j’ai aimé beaucoup dans cette situation-là, c’est que les constructeurs étaient en mode improvisation. Et à l’habitude, ils sont habitués de contrôler l’information avec une formule qui est établie depuis des années. Et les journalistes, sans trop se poser de questions, jouaient le jeu. Et là, les règles ont changé», affirme Antoine Joubert, journaliste au Guide de l’auto qui avoue avoir renforcé ses relations avec les concessionnaires automobiles pour cueillir de l’information.

«Même lorsque le confinement sera histoire du passé un moment donné, on commence une nouvelle époque. Il y a des choses qui vont rester. Je parlais avec plusieurs constructeurs et puis des présentations techniques, comme on a présentement par vidéo, je suis à peu près certain que ça va rester», ajoute Benoit Charette. «Pense à la quantité d’argent que les constructeurs économisent. Le Cadillac Escalade en est un exemple. [Avant la pandémie,] Cadillac nous avait invités en Californie. Pars le matin, arrive là en après-midi, présentation du véhicule en soirée. Couche là-bas, reviens le lendemain. Multiplie ça par une centaine de journalistes du Canada et des États-Unis...

«Et puis là, tu dis, on fait la même chose, voici un lien pour une présentation Zoom. Vous cliquez là-dessus et on vous présente ça! Ça coûte rien! Il y a 30 % des déplacements qu’on fait, ce sont que pour des présentations de véhicules. D’après moi, ce genre de présentations, ça va se faire par vidéoconférence. Les constructeurs économisent beaucoup d’argent et ils vont probablement garder l’argent pour des vraies présentations.»

Embargos qui n’en sont plus à la sortie

Mais au-delà des changements dans les présentations des nouveaux modèles, les deux livres sont souvent aux prises avec des informations sous embargo au moment d’aller sous presse, mais rendues publiques au moment de la sortie en magasins.

«J’ai travaillé pour avoir de l’information auprès d’un constructeur pour avoir les données techniques sur un de ses nouveaux modèles. À défaut de l’avoir conduit à temps», raconte Antoine Joubert. «On me dit : “Ah, désolé, on ne peut pas te les donner!” “Est-ce que tu comprends que par le temps où le livre va être sur les tablettes, les informations seront dévoilées, on ne brûlera pas l’embargo”, je réponds. “Je n’ai pas le droit de te les donner” est la réponse. Là, on a un livre où il manque des informations au sujet d’un produit qui est sur le point d’arriver sur le marché. Au moment où le livre est arrivé sur le marché, les infos étaient déjà disponibles en ligne. Qui a fait l’erreur? Le Guide ou le constructeur? Benoit [de L’annuel, sorti une semaine plus tard] a pu aller chercher quelques informations supplémentaires, mais là aussi c’est incomplet. Le constructeur a retenu de l’information sur ce même modèle. Un irritant dans cette nouvelle façon de travailler.»

Le Guide de l’auto propose notamment deux imposants dossiers. Le premier sur la Manic, la seule voiture québécoise de série et l’autre sur cinq Ferrari mythiques.

L’annuel de l’automobile raconte ses 20 années de parution et propose un dossier «électrique» sur les modèles attendus en 2021 et les bornes de recharge.

En passant, c’est bien d’acheter Le Guide ou L’annuel dans les grandes surfaces. Mais encourager son libraire indépendant, ça peut lui faire un immense plaisir.

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Le Guide de l’auto 2021, 704 pages, Les Éditions de l’Homme, 34,95 $
L’annuel de l’automobile 2021, 704 pages, Les Éditions La Presse, 34,95 $