Selon le rapport de la firme KPMG, commandé par Propulsion Québec, la demande mondiale pour les batteries lithium-ion en 2030 s’élèvera au minimum à 1173 gigawatts-heure ou à 3096 GWh dans le scénario le plus «pessimiste». À cette date, la capacité mondiale est estimée à 1084 GWh.

Le Québec peut se tailler une place de choix dans filière des batteries lithium-ion

CHRONIQUE / Avec des ventes de véhicules électriques pouvant être multipliées jusqu’à 26 fois d’ici 2030, le Québec peut se tailler une place de choix dans la filière de la production des batteries au lithium-ion. C’est en gros ce qui ressort d’une étude produite par la firme KPMG.

La firme «a été mandatée par Propulsion Québec afin d’évaluer le potentiel de développement de la filière des batteries lithium-ion au Québec, et, plus spécifiquement, de dégager différentes stratégies que le Québec peut déployer pour se positionner dans ce marché en forte croissance», peut-on lire en préambule de l’étude dévoilée jeudi.

«Notamment, de par sa proximité géographique avec les États-Unis, le Québec est l’endroit tout indiqué pour fournir les constructeurs nord-américains», explique Sarah Houde, pdg de Propulsion Québec, qui représente la grappe des transports électriques et intelligents. 

«Avec cet engouement qu’il y aura dans les 10 prochaines années, c’est évident que les constructeurs nord-américains, comme GM, Ford ou FCA, vont transférer leur approvisionnement vers chez nous. Ne serait-ce que pour avoir un approvisionnement stable et sécuritaire, contrairement à la Chine, avec qui, on sait, les États-Unis sont en guerre commerciale», ajoute-t-elle.

«Tant les États-Unis que l’Union européenne ont identifié le risque stratégique majeur d’une dépendance totale de leurs industries automobiles à l’Asie, et principalement la Chine, en matière d’approvisionnement de cellules. Ces deux entités géographiques pourraient être intéressées à pouvoir s’approvisionner de façon significative [même si minoritaire] ailleurs qu’en Asie ou à domicile», souligne le rapport de KPMG.

De plus, la capacité mondiale de production de batterie n’arrivera pas à satisfaire la demande en 2030, si on se fie à ce rapport. En 2017, cette capacité s’élevait à 104 gigawatts-heure (GWh). Dans le scénario le plus optimiste, la demande en 2030 s’élèvera à 1173 GWh ou à 3096 GWh dans le scénario le plus «pessimiste». À cette date, la capacité mondiale est estimée à 1084 GWh.  

Gisements et recyclage

Cependant, l’étude ne fournit pas de données quant au nombre de tonnes contenues dans les gisements de lithium au Québec. «Mais le Québec contient la combinaison de matière première dans son sol  pour produire des batteries au lithium-ion. En plus du lithium évidemment, il y a du nickel, du graphite et du cobalt notamment», précise la pdg.

Mais il existe une autre source d’approvisionnement de lithium : le recyclage. Selon le rapport de KPMG, entre 2,6 millions à 5,7 millions de batteries devront être recyclées en 2025. En 2030, cette estimation s’élève à entre presque 12 millions à 17,6 millions de batteries. Dans le Nord-Est américain, cette proportion descend à entre 143 000 et 301 000 batteries en 2025 et entre 546 000 et 756 000 batteries en 2030.

Au Québec seulement, ces chiffres sont ramenés à entre 10 000 et 21 000 en 2025 et entre 58 000 et 88 000 en 2030.

Enfin, KPMG suggère que «dans certains cas de figure étudiés, la seconde vie [réemploi] n’est pas moins chère que l’utilisation de nouvelles cellules de batterie», même si plusieurs constructeurs automobiles sont actifs sur le sujet. Un des réemplois possibles est le stockage stationnaire d’énergie. «Cette pratique viendra uniquement prolonger la durée de vie des batteries, qui devront toujours être recyclées en fin de vie», souligne le rapport. 

L'étude au complet peut être consultée ici.