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Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
Quand on demande aux gens, partout dans le monde, s’ils veulent plus ou moins de véhicules dans leur ménage, 40 % répondent qu’il en faut plus et 60 % disent l’inverse. La pandémie aurait contribué à réévaluer les besoins en termes de véhicules, sans nécessairement s’en passer.
Quand on demande aux gens, partout dans le monde, s’ils veulent plus ou moins de véhicules dans leur ménage, 40 % répondent qu’il en faut plus et 60 % disent l’inverse. La pandémie aurait contribué à réévaluer les besoins en termes de véhicules, sans nécessairement s’en passer.

L’affection pour l’automobile, une question générationnelle

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CHRONIQUE / Avec la pandémie et le recours «obligé» au télétravail, le fait d’avoir une automobile peut sembler superflu pour certains. Toutefois, une étude sur les tendances démontre que l’auto a toujours une place dans le cœur des gens.

Sheryl Connelly, la futuriste maison chez Ford au Michigan, démontre cela dans l’étude Further with Ford 2021. Il s’agit de la neuvième édition annuelle de ce rapport mondial sur les tendances.

«À l’affirmation : “Je ne peux pas imaginer ma vie sans avoir mon propre véhicule”, dans l’ensemble, 76 % des Canadiens sont d’accord avec celle-ci. Et c’est la même proportion autant chez les femmes que chez les hommes», ajoute Mme Connelly. «Chez les 18 à 23 ans — la génération Z —, la proportion est la même. Pour les millénariaux, âgés de 23 à 37 ans, ça descend à 71 %. Les gens de la génération X ont répondu dans l’affirmative à 74 % et les baby-boomers à 81 %. Ces derniers sont âgés de 54 à 72 ans, alors que ceux qui sont plus âgés — 73 ans et plus — sont 83 % à ne pas s’imaginer une vie sans automobile.» On constate alors que plus on est âgé, moins il est concevable de ne pas avoir son propre véhicule.

Par contre, quand on demande aux gens, partout dans le monde, s’ils veulent plus ou moins de véhicules dans leur ménage, 40 % répondent qu’il en faut plus et 60 % disent l’inverse. La pandémie aurait contribué à réévaluer les besoins en termes de véhicules, sans nécessairement s’en passer.

«Au Canada, on a posé la question : “Pensez-vous reconsidérer le nombre de véhicules que vous possédez?” À peu près un Canadien sur trois était d’accord avec la question. Quand on regarde de plus près, dans ce Canadien sur trois, vous avez 73 % des gens qui songent à posséder moins de véhicules chez soi», détaille la futuriste.

«D’un autre côté, il y avait des gens qui n’avaient pas de véhicule avant la pandémie, mais qu’ils en voulaient un. S’ils habitaient un grand centre, comme Manhattan par exemple et qu’ils étaient dépendants des transports en commun, ceux-ci se sentaient particulièrement vulnérables dans les premiers mois de la pandémie. Ils ne voulaient pas prendre les moyens de transport public et ils n’avaient pas beaucoup d’options pour sortir de la ville.»

Ce qui est intéressant, c’est d’apprendre ce que les gens font avec leur véhicule. «Les gens, peu importe leur pays ou région, sont créatifs quant à l’utilisation de leur véhicule», ajoute Mme Connelly. «Une personne sur cinq utilise son auto comme lieu de travail ou comme un endroit pour avoir une certaine intimité. Une personne sur quatre dit qu’il s’agit d’un endroit pour relaxer. Une personne sur trois avance que c’est un environnement pour décompresser et se trouver seul, et une sur 10 dit que c’est une place pour se cacher.»

Conduite autonome

Une tendance qui est également sortie de cette étude, c’est que plus les répondants sont jeunes, plus grandes sont les espérances envers les véhicules autonomes.

«Une question qu’on a souvent posée au cours des dernières années, soit “Quelle est votre impression en général concernant l’avenir des véhicules autonomes?” La réponse variait selon les régions. Nous avons découvert que les répondants en Chine et en Inde avaient de plus grandes espérances envers la conduite autonome. Ils arrivaient dans une proportion de 82 % et de 84 %», explique Mme Connelly. «En Allemagne, c’est là qu’on voit le niveau le plus bas niveau d’espérance avec 45 %. Et les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni arrivent à 50 %. Maintenant, si on partage cela selon l’âge, 74 % des répondants de la génération Z ont de grandes espérances au sujet des véhicules autonomes. Ça descend à 64 % pour les millénariaux. Cinquante-quatre pour cent pour la génération X. Et enfin 45 % pour les baby-boomers.»

Est-ce une désaffection des plus jeunes envers la conduite automobile? Sans répondre directement à la question, la futuriste de Ford arrive avec l’analyse suivante.

«Généralement, en me fiant aux données en cours aux États-Unis, en 1978, 6 jeunes sur 10, âgés de 16 ans, avaient leur permis de conduire. Pour cette génération, obtenir son permis de conduite était une étape importante dans la vie. C’était la porte d’entrée dans l’âge adulte. Ce qui signifiait un stade d’indépendance. En 2008, cette proportion a chuté à 3 jeunes sur 10. Mais surtout cette année-là était significative en raison de la crise financière qui est arrivée à ce moment-là», poursuit-elle.