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Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
La Renault 5 Prototype représente très bien la nouvelle stratégie d’électrification des modèles du constructeur français. Aimeriez-vous revoir ce modèle de côté ci de l’Atlantique?
La Renault 5 Prototype représente très bien la nouvelle stratégie d’électrification des modèles du constructeur français. Aimeriez-vous revoir ce modèle de côté ci de l’Atlantique?

La stratégie électrique de Renault

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CHRONIQUE / Il y a un peu plus de deux semaines, le constructeur français Renault dévoilait sa stratégie d’électrification de ses futurs modèles. Il parle ici d’une «révolution».

Pourquoi parler de Renault, même si la marque n’est plus vendue ici? Il est utile de rappeler qu’elle a été très populaire au Québec et que pour plusieurs, ses modèles ravivent de bons ou de moins bons souvenirs.

On n’a qu’à penser à la Renault 8 ou la R10, à la Renault 12, à la Renault 16 ou même à la Fuego et à l’Alliance… Mais sans contredit, celle qui a le plus marqué l’imaginaire et de loin la plus populaire ici, a été la Renault 5.

Pour plusieurs, la R5 — ou le «Chameau», comme les bonzes du marketing l’avaient nommée à l’époque — a été la première voiture ou la voiture des années étudiantes. Or, lorsque Renault a dévoilé sa «Renaulution» ou sa «Nouvelle vague», le 14 janvier dernier, le constructeur a révélé ce à quoi pourrait avoir l’air la prochaine Renault 5.

Parmi les éléments-clés de sa stratégie, Renault compte lancer d’ici 2025 14 nouveaux modèles, dont la moitié sera uniquement 100 % électrique. Pour le reste, les modèles seront proposés en versions hybride ou électrique.

Dans le contexte de sa «Nouvelle vague», Renault veut «conserver son statut de leader dans la transition énergétique grâce à ses solutions électrifiées et à hydrogène, offrant ainsi la gamme de produits le plus “verte” d’Europe d’ici 2025». Le constructeur compte également fonder ce qu’il appelle une «Software République». Il s’agirait d’un écosystème ouvert dédié aux logiciels, aux données, à la cybersécurité et à la microélectronique.

Dans l’annonce faite il y a deux semaines, la Renault 5 Prototype présentée reprenait en très grande partie les lignes du modèle qui a connu tant de succès dans les années 1980. Quoiqu’un peu plus grosse que le modèle originel.

«Le design de Renault 5 Prototype s’inspire d’un modèle culte de notre patrimoine. Ce modèle incarne simplement la modernité, un véhicule ancré dans son temps : urbain, électrique, charmant», déclarait Gilles Vidal, directeur du design Renault, cité dans le communiqué du constructeur.

Et si la Renault 5 revenait au Québec, en tant que modèle électrique, elle ferait fureur, non? Les paris sont ouverts.

Importation possible?

Pour le moment, il n’a pas été possible de discuter avec les responsables des relations publiques de Renault, quant à savoir si le constructeur songeait à vendre de nouveau ses véhicules ici en Amérique du Nord. S’il le faisait, il pourrait très bien passer le réseau de constructeurs faisant partie de l’Alliance, soit Nissan ou Mitsubishi.

Mais on est conscient que de vouloir importer un véhicule en Amérique, cela représente des sommes à investir pour l’homologation des modèles. On peut toujours rêver...

Le quadricycle Twizy de Renault

Tentative vaine

Et pourtant, il y a cinq ans, Renault aurait pu ravoir une présence ici, notamment avec la prétention du Réseau Azra qui souhaitait devenir importateur officiel de la microvoiture Twizy du constructeur français. J’avais d’ailleurs publié quelques articles sur le sujet en 2015 et en 2016.

Le Réseau Azra avait obtenu les droits de distribution exclusive des Twizy au Canada. Ce véhicule étant un quadricycle à basse vitesse, limité à 40 km/h, son utilisation aurait été essentiellement urbaine. Mais le Twizy aurait pu être une solution de rechange aux voiturettes de golf. Les municipalités faisaient aussi partie de la clientèle cible. Également, le Réseau Azra proposait aux commerçants, principalement des grandes surfaces, la possibilité d’offrir des bornes de recharge à ses clients, tissant ainsi un réseau.

À l’époque, quand on posait la question à Renault à savoir si l’importation du Twizy était un avant-goût d’une possible vente des autres véhicules électrifiés de la marque ici, la réponse était plutôt dans la négative.

«Il est encore trop tôt pour avancer cela», avait répondu Thierry Bataille, directeur du développement des affaires pour les véhicules électriques de Renault en Amérique du Nord et en Chine en 2016.

Vraisemblablement, le projet du Réseau Azra est mort dans l’œuf, car, à part un site Web, il est impossible de parler à quelqu’un de la firme. Le numéro de téléphone inscrit dans le site Web est présentement hors service.

Une recherche au plumitif révèle que le Réseau Azra a été poursuivi en justice par 15 entreprises entre 2015 et 2019 ainsi que par l’Agence du Revenu du Québec et la Commission des normes du travail, l’équité salariale ou la santé et la sécurité du travail. À son tour, Azra poursuivait le gouvernement du Québec pour 3 884 160 $, poursuite qui a été rejetée en janvier 2021.  Avec Isabelle Mathieu