Le premier constructeur automobile américain a annoncé avoir enregistré un bénéfice net de 2,53 milliards $ contre une perte nette de 2,98 milliards $ à la même période en 2017, due à des dépréciations d’actifs liées à la cession de sa marque européenne Opel au groupe français Peugeot.

General Motors résiste à la guerre commerciale grâce aux Cadillac et SUV coûteux

NEW YORK — General Motors (GM) a agréablement surpris les marchés mercredi, en annonçant un gros bénéfice alimenté par une solide demande pour ses opulentes Cadillac en Chine, ses pickups et 4X4 de ville aux États-Unis, dont il a augmenté les prix pour limiter l’impact des surtaxes sur les matières premières.

Le premier constructeur automobile américain a annoncé avoir enregistré un bénéfice net de 2,53 milliards $ contre une perte nette de 2,98 milliards $ à la même période en 2017, due à des dépréciations d’actifs liées à la cession de sa marque européenne Opel au groupe français Peugeot.

Ce résultat s’est traduit par un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, de 1,87 $ contre 1,25 $ attendu en moyenne par les analystes financiers.

Le chiffre d’affaires a, lui, progressé de 6,4 % à 35,79 milliards $, également supérieur aux attentes (34,85 milliards $).

Ces annonces provoquaient un envol de l’action de 6,65 % à 35,77 $ vers 13h15 GMT (9h15, heure du Québec) dans les échanges électroniques de préséance à Wall Street.

GM a réussi à apaiser les investisseurs, inquiets de la rentabilité future des groupes automobiles en raison du plafonnement du marché américain et de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les deux premiers marchés automobiles au monde.

La semaine dernière Ford avait également surpris agréablement les marchés en maintenant ses prévisions annuelles, en dépit de difficultés en Europe, en Chine et en Amérique latine.

GM explique être parvenu à augmenter le prix moyen de ses voitures en Amérique du Nord et en l’occurrence aux États-Unis où ses ventes ont pourtant baissé de 11 % à 694 638 unités au troisième trimestre.

Mais le géant de Détroit a amélioré ses marges, le prix moyen d’un véhicule, notamment des grosses voitures (pickups, 4X4 de ville et crossovers), ayant augmenté de 800 $ sur un an à 36 000 $. En moyenne, c’est 4000 $ de plus que les prix de la concurrence, affirme GM.

La demande a été particulièrement élevée pour le pickup Chevrolet Silverado et le SUV Denali.

En Chine, où les ventes trimestrielles ont diminué de 14,9 % à 835.934, GM a toutefois observé une nette hausse de la demande pour sa marque haut de gamme Cadillac, qui y symbolise le luxe à l’américaine. Le constructeur y a ainsi enregistré un bénéfice opérationnel «record» malgré le ralentissement de la croissance.

Voitures toujours plus chères

Au final, GM a engrangé 1 milliard $ inattendus, ce qui lui a permis de limiter les coûts (400 millions $) des surtaxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importé imposées par le président Donald Trump. La facture sera de plus d’un milliard pour l’ensemble de l’année.

«Notre performance du troisième trimestre reflète notre détermination à gérer les risques tout en enregistrant de solides résultats», a tenu à souligner Mary Barra, la pdg, citée dans un communiqué.

Dans une conférence téléphonique avec des journalistes, la nouvelle directrice financière Dhivya Suryadevara a assuré que GM allait poursuivre sa politique de hausse des prix, en dépit du relèvement des taux d’intérêt américain qui pourrait dissuader les ménages de souscrire à de nouveaux prêts, notamment automobiles.

«Nous allons continuer à prendre des mesures pour atténuer les vents contraires que sont la volatilité des taux de change et les coûts des matières premières», a-t-elle déclaré.

Si General Motors a maintenu son objectif financier annuel d’un bénéfice par action ajusté compris entre 5,80 et 6,20 $, il s’attend à ce que celui-ci soit dans le haut de fourchette, voire qu’il la dépasse.

Cet optimisme relatif repose sur le fait que le groupe dit s’attendre à payer beaucoup moins d’impôts comparés à 2017.

GM continue par ailleurs à avancer ses pions dans le développement de la voiture autonome au moment où s’intensifie la course entre constructeurs et groupes technologiques.

Le japonais Honda a décidé d’investir 2,75 milliards $ dans Cruise, la filiale de véhicules et technologies autonomes de GM, quelques semaines seulement après un apport de 2,25 milliards de l’entreprise japonaise Softbank.

Cet argent frais devrait permettre à Cruise de jouer à jeu égal avec Waymo, la filiale d’Alphabet, qui vient d’obtenir le feu vert de la Californie pour effectuer sur les routes de l’État des tests de véhicules 100 % autonomes.