Refaisant à peu de choses près l’enchaînement de chansons présenté au Pavillon de la jeunesse en 2013, ZZ Top a puisé dans ses chansons les plus connues, visiblement à la satisfaction du public.

ZZ Top: à la barbe des années

CRITIQUE / ZZ Top ne change pas. Pour son premier passage au Centre Vidéotron, le trio texan a fait débouler ses succès blues rock avec l’assurance des vieux routiers, prenant visiblement plaisir à être sur scène, à faire des blagues, mais surtout à jouer, tout simplement.

«Quelqu’un nous a laissé du sirop d’érable en coulisses. C’est assez difficile à avaler avec une barbe», a lancé le chanteur et guitariste Billy Gibbons, toujours aussi prompt à rigoler de l’emblématique pilosité du groupe.

Lorsqu’on roule depuis bientôt un demi-siècle, on a peu à faire du flafla. Deux masses de caisses de son, des pieds de micro lumineux, un arrière-plan constellé d’étoiles et pour le reste, on laisse parler la musique. Après un grondement de moteur et une volée de notes faites pour enflammer un plancher de danse, Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard sont entrés sur scène tranquillement, prêts à faire entendre leurs instruments.

À part pour quelques mouvements de pied à l’unisson, toute l’énergie de Gibbons et Hill semble concentrée dans leurs doigts, qui s’agitent toujours avec la même dextérité sur les cordes. Le premier a une voix fantastique, avec une texture unique, simplement légendaire, dont on se serait contenté sans se plaindre. Le timbre plus nasillard de Hill nous a écorché les tympans dans Got Me Under Pressure, la première pièce de la soirée, mais ça s’est heureusement placé par la suite.

Refaisant à peu de choses près l’enchaînement de chansons présenté au Pavillon de la jeunesse en 2013, ZZ Top a puisé dans ses chansons les plus connues, visiblement à la satisfaction du public. Après un court emprunt à une chanson-thème de James Bond, les premières notes de Gimme All Your Lovin’ ont engendré une marée de téléphones, brandis pour immortaliser le moment. Même effet à Sharp Dressed Man, dont le refrain a été entonné à pleins poumons par les plus férus.

On a eu droit à deux reprises, I Thank You, du duo soul Sam & Dave, et Sixteen Tons, de Merle Travis, dans un soixante minutes de musique livré sans temps morts. Au rappel, on aurait pu parier sans se tromper qu’ils nous serviraient La Grange et Tush, ce dont ils se sont acquittés avec flegme, non sans avoir pris le temps de troquer leur veste de cuir pour des vestons aux motifs scintillants. Ils ont étiré le party avec leur reprise de Jailhouse Rock, puis chacun est reparti repu.

ZZ Top poursuit sa tournée à Laval vendredi et à Orillia, en Ontario, samedi.

Steve Hill

Steve Hill est venu livrer des pièces de son dernier album en lice, The One-man blues rock band. Si on ferme les yeux, on a vraiment l’impression qu’un groupe complet s’exécute sur scène, tant l’homme-orchestre trifluvien a peaufiné sa technique au fil des ans. Le pied sur la pédale de la grosse caisse, le manche de sa six cordes jamais loin des cymbales, le musicien d’exception a enchaîné les blues langoureux, les morceaux de bravoure à la guitare, les segments plus bluegrass, sans relâchement, mais sans jamais trop en mettre. Fidèle à lui-même, il a été peu bavard, sauf pour quelques «Ça va Québec?» et pour dire que c’était un grand plaisir pour lui de faire la première partie de ZZ Top pour la deuxième fois dans la capitale.

Le 1er septembre, Hill sera en spectacle à la Maison symphonique, pour la virée classique de l’OSM, sous la direction de Kent Nagano.