Le mannequin surnommé «Zombie Boy», dont le vrai nom était Rick Genest, est mort à l’âge de 32 ans.

Zombie Boy, Montréalais dans l'âme

MONTRÉAL — Si ses tatouages uniques lui ont valu une renommée internationale en lui permettant de participer à des défilés de mode et à un vidéo de Lady Gaga, l’artiste et mannequin surnommé «Zombie Boy» n’a jamais oublié ses origines modestes dans les rues de Montréal, ont affirmé ses amis, vendredi.

Le jeune homme, dont le vrai nom était Rick Genest, est mort à l’âge de 32 ans, a confirmé jeudi l’agence qui s’occupait de gérer sa carrière.

L’artiste de cirque Jennifer Bobette, qui le connaissait depuis 18 ans, a raconté que son ami à la voix douce, qu’elle appelait simplement «Zombie», avait vécu «deux vies différentes».

Elle a soutenu qu’il ne parlait jamais de son statut de célébrité lorsqu’il se trouvait chez lui, à Montréal, où il faisait partie d’une communauté de punks et d’artistes vivant dans un immeuble baptisé les «Lofts Fattal» situé près de la voie ferrée dans le quartier de Saint-Henri.

Selon Jennifer Bobette, Zombie Boy avait sa vie de vedette, mais quand il était à la maison, il n’évoquait jamais cet aspect de son existence, il redevenait le gars que ses amis avaient toujours connu.

La jeune femme, qui a préféré ne donner que son nom de scène, a ajouté qu’aux Lofts Fattal, Zombie Boy mettait ses pantalons troués et achetait de la bière et du vin à ses copains et copines qu’ils buvaient ensuite ensemble dans le stationnement.

Elle a précisé avoir fait la connaissance de Zombie au centre de jour pour les jeunes sans-abris de l’organisme Dans la rue alors qu’ils étaient tous les deux adolescents.

À l’époque, son ami n’avait pas un seul tatouage et rêvait de devenir un artiste de cirque, rêve qu’il réaliserait quelques années plus tard grâce à un spectacle grotesque et décalé mis sur pied avec des copains.

Rick Genest s’est fait tatouer pour la première fois à l’âge de 16 ans. Il a fini par faire recouvrir d’encre plus de 90% de son corps, incluant la tête de squelette sur son visage.

Selon son site Web, Zombie Boy détenait les records Guinness pour le plus grand nombre de tatouages d’insectes (178) et d’os (138) sur un corps humain.

Si son image extérieure pouvait paraître intimidante, le jeune homme était toujours doux et poli, selon le chef de la direction de la Mission Bon Accueil, un centre pour sans-abris que Rick a fréquenté lorsqu’il était adolescent et a continué de soutenir une fois devenu adulte.

Sam Watts a indiqué que la dernière fois qu’il avait vu Zombie Boy remontait à juin, lorsque l’artiste avait participé à une campagne de sensibilisation au sujet des problèmes auxquels sont confrontés les jeunes marginalisés et sans-abris.

«C’était un gars qui vous mettait totalement à l’aise, a soutenu M. Watts dans un entretien téléphonique. On savait immédiatement que c’était quelqu’un de gentil et de doux qui se préoccupait réellement du sort de toute personne se trouvant dans la marge ou rejetée en raison de son apparence physique.»

Ses premiers contrats

Au début de 2011, une photo de Rick Genest publiée dans un magazine de mode a attiré l’attention du designer de mode Nicola Formichetti, qui était alors le directeur artistique de la maison de couture française Mugler.

C’est M. Formichetti qui a aidé Rick à obtenir ses premiers contrats comme mannequin et qui l’a présenté à Lady Gaga, qui l’a plus tard embauché pour le vidéo de la chanson Born This Way, lancée en 2011.

Dans les séquences où Zombie Boy et la chanteuse sont réunis, cette dernière arbore un maquillage imitant les tatouages du jeune homme.

Lady Gaga a déclaré que la mort de Rick, qu’elle a qualifiée de «suicide», était «plus que désastreuse».

«Nous devons travailler plus fort pour changer la culture, mettre la santé mentale de l’avant et éliminer la honte qui nous empêche d’aborder ce sujet», a-t-elle écrit sur son compte Twitter officiel jeudi soir.

Le bureau du coroner du Québec a révélé qu’une autopsie serait effectuée pour déterminer la cause du décès.

Malgré les rumeurs selon lesquelles son ami se serait suicidé, Jennifer Bobette a souligné que Zombie semblait dans son état normal lorsqu’elle l’a vu quelques jours avant sa mort.

Si Rick n’a jamais exprimé de regrets par rapport à ses tatouages, la jeune femme s’est demandé s’il n’était pas devenu prisonnier de son célèbre corps.

«Lorsque vous vous faites tatouer en zombie et que vous êtes payé pour montrer votre corps, peut-être que vous devenez prisonnier et... qui sait? On ne le saura jamais», a-t-elle conclu.