Pour son second passage au Centre Vidéotron en deux ans, Zaz a livré un généreux spectacle composé de 26 chansons.

Zaz, une vraie pro

CRITIQUE / Le phénomène Zaz a déferlé sur le Centre Vidéotron, mercredi soir, dans un spectacle mené tambour battant où la populaire chanteuse a fait preuve d’un entrain indéniable et d’une grande générosité, se faisant tour à tour drôle, émouvante, philosophe et vecteur de changement social.

Zaz — malencontreusement rebaptisée Zaza par le premier ministre Legault lors d’une récente visite en France... — a donné la pleine mesure de son talent devant un public hétéroclite de 7 à 77 ans. Au total, quelque 5500 spectateurs trop heureux de (re) voir leur idole pour la deuxième fois à Québec en deux ans.

Appuyée par une poignée de musiciens chevronnés qui se sont relayés sur la scène au gré de son long répertoire — un total plus qu’appréciable de 26 chansons, incluant trois en rappel — Isabelle Geffroy de son vrai nom a inauguré la soirée sans préambule avec Si c’était à refaire et Nos vies (ensemble). Il a toutefois fallu attendre les très populaires Qué vendrá, avec ses airs latinos rythmés, et l’incontournable Si jamais j’oublie, pour que le show prenne véritablement son envol, sous un tonnerre d’applaudissements.

Avec la touchante Demain c’est toi, la chanteuse s’est s’agenouillée un moment pour interpréter cette mélodie dédiée aux enfants et à l’importance «de prendre soin de nous» afin d’être en mesure de changer le monde pour eux. De toute évidence, Zaz a le cœur sur la main.

À mi-parcours, le spectacle a pris les allures d’une boîte de jazz, alors que la chanteuse et quatre de ses musiciens se sont installés au bout de la scène avançant dans le parterre pour interpréter Les passants, Comme çi comme ça, Oublie Loulou (sur des paroles d’Aznavour) et Paris sera toujours Paris (ou «Québec sera toujours Québec»). Pour Les confettis, elle a joint le geste à la parole en faisant éclater une pluie de… confettis en finale. Un des beaux moments de la soirée.

Porteuse d’un message d’espoir, Zaz a invité à plusieurs reprises le public à avoir foi en l’avenir, incitant tout un chacun à regarder le beau côté de la société, plutôt que «les images horribles» diffusées à la télé. «Il y a partout des gens qui se bougent le cul pour changer les choses.»

«Tant qu’il y a un esprit communautaire, on peut faire des choses énormes», a confié la chanteuse qui se fait un devoir de mettre sa notoriété au service d’organismes caritatifs locaux dans les nombreuses villes qu’elle visite en tournée. À Québec, c’est une dénommée Marie-Claude qui a été invitée à monter sur scène pour parler de Premiers Pas, une association venant en aide aux parents dépassés par l’arrivée d’un enfant.

Grands moments d’émotion avec Ma valse, une chanson «composée dans mon salon à 5h du matin», et Me souvenir de toi, une invitation à laisser derrière soi ses «fantômes» afin d’avancer. «Ce n’est pas facile, mais c’est nécessaire.»

Zaz avait réservé son grand succès Je veux pour les derniers moments de son spectacle, livré avec une énergie communicative, en totale communion avec la foule qui en a interprété plusieurs passages a cappella. Tout cela avant un rappel à trois volets, avec Laponie, On ira et À perte de rue.

Une vraie pro que cette Zaz.

Le charme de Capéo

Vedette montante dans son pays depuis son passage à la cinquième saison de l’émission... The Voice, le Français Claudio Capéo a eu l’honneur de lancer la soirée, à l’occasion de son premier séjour au Québec. «Je vais essayer de ne pas trop parler ni dire trop de conneries», a-t-il lancé en ouverture de spectacle, alignant coup sur coup les entraînants airs aux accents gitans, C’est une chanson, Ta main et Et toi. À plusieurs reprises, la foule ne s’est pas fait prier pour taper des mains.

Avec ses potes musiciens Xavier et Gino, des copains d’enfance qui l’accompagnent depuis une dizaine d’années, le chanteur accordéoniste à la voix rocailleuse a démontré un enthousiasme non feint à se retrouver dans nos terres et de découvrir nos spécialités locales comme la poutine — «putain, c’est bon!»

Capéo n’a pas manqué d’interpréter son grand succès, Un homme debout, hommage émouvant à tous ceux qui surmontent les galères de la vie, ainsi que la très touchante mélodie Riche, message d’un père à son fils, interprétée à la lueur des cellulaires d’une foule tombée sous le charme.