Zaz expérimente plusieurs styles différents sur son nouvel album, «Effet miroir».

Zaz a décidé de se faire confiance

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis que Zaz est arrivée comme une tornade sur la scène musicale avec la locomotive «Je veux». Une voix qui décoiffe et une irrésistible gouaille: c’était parti pour la Française. Huit ans plus tard, elle nous revient plus affirmée que jamais avec un éclectique troisième album de chansons originales pour lequel elle a notamment eu l’occasion de travailler avec Patrick Watson.

Isabelle Geffroy (de son vrai nom) reconnaît qu’elle avait soif de diversité en commençant à travailler sur Effet miroir, encore tout chaud. «J’avais envie d’expérimenter plein de styles différents. Et je ne m’étais jamais autant impliquée dans la production», se réjouit la musicienne, qui dit avoir profité d’une pause bénéfique, elle qui ne s’était pas vraiment arrêtée dans les sept dernières années. Précisons ici que pour la dynamique artiste, une «pause», ça veut dire s’atteler à la réalisation d’un premier album — Gipsy Traffic, de son guitariste Guillaume Juhel — et la mise sur pied d’un festival musical et citoyen en Ardèche.

«C’était une pause par rapport à la scène, précise-t-elle. Je n’arrive pas à ne rien faire. J’adore apprendre, ça me fait du bien quand j’expérimente de nouvelles choses. Ça me nourrit.»

C’est donc une Zaz ressourcée qui est entrée en studio pour enregistrer des pièces signées de sa plume ou offertes par Gaël Faye, Ben Mazué, Jérémie Kisling ou Mathieu Boogaerts, entre autres. «Je pense que j’ai choisi des chansons qui me parlaient vraiment. Je voulais que ce soit juste, vrai, authentique», résume la musicienne, qui a pris plaisir à forger les sonorités de ce nouvel album. «On faisait passer des sons acoustiques dans des machines pour arriver vraiment à trouver la texture qu’on voulait. C’était vraiment un besoin pour moi d’être plus impliquée. Je pense que j’ai digéré ces huit ans. Avant, je ne savais pas trop, mais j’ai appris plein de choses. Du coup, je me suis fait confiance.»

Se respecter

Cet état d’esprit a amené Zaz à s’affirmer davantage. «Si je n’étais pas contente du son ou d’un arrangement, je le faisais refaire», confirme la chanteuse, qui estime avoir souvent par le passé tenu sa langue par crainte de déranger.

«J’ai toujours voulu que les gens se sentent bien, évoque-t-elle. Du coup, je ne me respectais pas. Je disais oui à des choses alors qu’au fond de moi, je me disais : “bien non, ce n’est pas ça”. Je ne veux plus jamais faire ça. J’ai envie de vivre pour moi un peu plus. J’avais besoin aussi de dire : “voilà, je ne suis pas que lumineuse”. J’ai une partie obscure et j’ai envie de l’aimer, de la regarder, d’arrêter d’en avoir peur. J’ai besoin de prendre ma place et de le dire haut et fort.»

Cette confiance l’a aussi poussée à contacter le Montréalais Patrick Watson, dont elle apprécie le travail et avec qui elle a voulu collaborer sur la pièce Mes souvenirs de toi. «Quand j’ai entendu la chanson, j’ai tout de suite pensé qu’il fallait qu’elle soit arrangée par Patrick Watson. Il m’a envoyé une maquette et tout de suite, c’était énorme! C’était génial de travailler avec lui en studio. C’était de confectionner de la musique dans un atelier. J’adore faire de la musique comme ça. Franchement, ça restera l’un de mes plus beaux souvenirs à coopérer avec un artiste.»

Si c’est une Zaz plus assumée que jamais qui nous revient, c’est aussi d’une voix plus nuancée. Celle qui est capable d’exubérance et de grands éclats adopte souvent la douceur sur ses nouvelles pièces. «Je me rends compte qu’à travers la douceur, on peut faire passer des choses avec encore plus de puissance qu’en hurlant, explique-t-elle. Mais bon, je serai toujours en train de brailler… J’adore brailler!»

Zaz se produira au Centre Vidéotron le 24 avril.