Tori Amos incarnait chacune de ses chansons avec la sensibilité qui la caractérise, telle la déchirante Me and A Gun, servie a cappella.

Y étiez-vous? Tori Amos à la salle Albert-Rousseau en novembre 1994

2017 marque les 25 ans de Little Earthquakes, le tout premier album de Tori Amos qui, à sa manière, avait créé des secousses dans l'univers musical des années 90. En cette période où le grunge s'était imposé, la chanteuse et pianiste américaine était partie à la conquête de son public sans le soutien - ou si peu - des stations radio, armée de son seul piano.
Si, lors de sa première tournée solo, Amos avait transité par Montréal, il aura fallu attendre celle de l'album suivant, Under The Pink, pour qu'elle s'arrête à Québec. Visiblement, cette performance du 7 novembre 1994, à la salle Albert-Rousseau, était attendue, les billets s'étant tous envolés.
En fait, selon Michel Bilodeau, qui couvrait le concert pour Le Soleil, «une seconde représentation aurait facilement pu être envisagée, mais, en fin de tournée [nord-américaine], la chanteuse a préféré s'abstenir.»
Amos chantait et jouait de son piano à sa manière, intense et sulfureuse. Elle faisait partiellement face à son instrument, partiellement à son public, a moitié debout, à moitié assise, une jambe sous le piano, l'autre glissant à l'extrémité de son banc. L'artiste incarnait chacune de ses chansons avec la sensibilité qui la caractérise - ce qui était criant sur la déchirante Me and A Gun, servie a cappella.
Un piano droit préparé, aux sonorités orientales, était aussi sur les lieux, mis à contribution uniquement pour Bells for Her. C'est le seul autre élément dont Amos aura eu besoin pour conquérir la salle avec ses compositions de Little Eartquakes, comme Silent All These Years, celles de Under The Pink, telle Cornflake Girl ou encore des reprises comme celle de Smells Like Teen Spirit, qui n'est pas passée inaperçue.
Au total, le public a eu droit à pas moins de trois généreux rappels, la soirée s'achevant sur la très belle Winter.
Y étiez-vous?