À tous ceux qui craignaient une version scénique douce et polie de Belladonna, Daniel Lanois leur aura finalement servi tout le contraire.

Y étiez-vous? Daniel Lanois au Pigeonnier en 2005

Québec a toujours aimé suivre Daniel Lanois, que ce soit par l'entremise de ses albums folk ou de ses expérimentations instrumentales. Le 7 juillet 2005, fort de son album Belladonna, celui qui est aussi un redoutable réalisateur ouvrait le Festival d'été, au Pigeonnier.
Le hic, c'est que Belladonna est un album instrumental pour le moins atmosphérique et pas nécessairement grand public. Est-ce que, vraiment, c'est avec cette proposition que l'Ontarien comptait conquérir la foule? Heureusement non, bien qu'il se soit permis des titres où il ne prenait pas le micro. 
Il reste que c'est sans doute dans une salle que le répertoire de cet alchimiste des sons fonctionne le mieux et il a fallu un certain temps pour qu'il trouve ses aises. Par contre, quand la machine s'est mise à opérer, il a amené le public dans un fascinant périple. Les guitares un tantinet nasillardes, la réverbération ouateuse et le feedback hurlant, qui pouvaient être dérangeant en début de programme, ont soudain trouvé leur charme, tandis que le quatuor abandonnait la retenue pour mettre de la poigne.
Puisant avec justesse dans les différents recoins de son répertoire, Lanois a intercalé les canons tels The Messenger ou I Love You avec des passages instrumentaux renversants. À tous ceux qui craignaient une version scénique douce et polie de Belladonna, le guitariste leur aura finalement servi tout le contraire. Et il a pris un plaisir évident à réinventer ses compositions, récentes comme anciennes.
Puisque cette soirée était consacrée aux cordes, c'est au multi-instrumentiste Xavier Rudd qu'on avait confié la tâche d'ouvrir le bal, ce qu'il avait fait avec aplomb.
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