Virginie Fortin décrit son spectacle comme un voyage «philosophique et niaiseux», ponctué «d’une nébuleuse de blagues».

Virginie Fortin: rêver dans le cosmos

Pour Virginie Fortin, la meilleure façon de relativiser ses problèmes est de s’imaginer comme un grain de sable sur notre petite planète perdue dans l’immensité de l’univers. «Ça rend tous les moments de stress, de peur et d’inquiétude complètement futiles. On ne sait même pas pourquoi on est là. On est juste un petit peu de bruit dans le cosmos.»

Du bruit dans le cosmos, c’est justement le titre du premier one woman show que la jeune humoriste présente la semaine prochaine au Théâtre Petit Champlain. Un voyage «philosophique et niaiseux», ponctué «d’une nébuleuse de blagues», mais qui ne navigue toutefois pas sur la même orbite qu’André Sauvé.

«Lui, c’est beaucoup sur l’être, c’est très intérieur. Mon spectacle part de l’espace avant de faire un zoom sur notre planète. C’est un peu le regard d’un extraterrestre sur ce que sont les Terriens», explique celle qui ne se dit pas assez «bonne raconteuse» pour rendre «extraordinaires les moments anodins de sa vie».

Cette propension à se poser des questions existentielles ne date pas d’hier. «Quand j’étais toute petite, ma mère pensait que je prenais des drogues dures parce que je demandais pourquoi on existe, c’est quoi la Terre, c’est quoi l’infini.»

En entrevue, Virginie Fortin donne l’impression d’avoir le cerveau en ébullition. Les mots et les idées se précipitent. La fébrilité est palpable pour ce spectacle où elle veut faire rire et faire passer du bon temps au public, bien entendu, c’est l’objectif, mais aussi amener une réflexion sur plusieurs enjeux de société, sans faire la morale, ou juste un peu, pas trop…

«Je ne veux pas dire aux autres quoi penser, mais des fois, je me demande pourquoi le mot ‘‘moralisateur’’ est si péjoratif. Quand on parle d’environnement, je m’excuse, on ne peut plus nuancer les affaires, il faut l’être, moralisateur.»

Un rêve de petite fille

Depuis que sa carrière a pris son envol, il y a cinq ans, au gala Juste pour rire, les affaires marchent rondement pour elle. Après une expérience sur le plateau de Saturday Night Live: SNL Québec, la télésérie Trop, où elle incarne une jeune femme atteinte de bipolarité, est arrivée comme un cadeau du ciel. Depuis le début de l’automne, Télé-Québec lui a aussi confié les rênes de l’émission L’heure est grave, trois fois semaine, avec Guillaume Girard.

Humoriste ou comédienne, où se cache la véritable Virginie Fortin? «Je veux être comédienne depuis que je suis toute petite. J’en rêvais le soir en me couchant. J’ai fait mon cégep en théâtre, mais dès que je jouais un personnage sérieux, les gens me trouvaient drôle. Je me disais que j’étais peut-être seulement humoriste.»

En filigrane, on devine que le complexe de l’imposteur n’est jamais loin. «Quand Trop s’est présenté, poursuit-elle, je ne pensais pas être comédienne dans la vie, j’avais bifurqué vers autre chose. Je me disais: ‘‘Mon dieu, je suis humoriste, est-ce que je peux jouer le rôle d’une bipolaire?’’ J’ai eu un grand vertige avant de me présenter à l’audition. Je ne voulais plus y aller, je me disais que je n’avais pas ma place là.»

L’expérience lui a finalement montré que plusieurs talents pouvaient coexister chez elle, qu’elle était une touche-à-tout. «Ce n’est pas vrai que l’être humain est une seule chose, dans une seule boîte. Moi, j’aime écrire, mais je veux jouer aussi. En même temps, si j’étais seulement dans l’interprétation, il me manquerait quelque chose [...]. J’ai une curiosité pour plein d’affaires.»

Virginie Fortin a beau douter, se remettre en question, emprunter un chemin en pensant à un autre, elle est la première à admettre qu’en fin de compte, la vie est bonne pour elle. «La petite fille qui se couchait le soir et qui rêvait à sa vie, je pense qu’elle rêvait pas pire proche de ça…»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Quoi: Du bruit dans le cosmos

• Qui: Virginie Fortin

• Quand: du 24 au 26 octobre, 20h

• Où: Théâtre Petit Champlain

• Billets: 37$