Naturelle et en parfait contrôle sur scène, Virginie Fortin a démontré son don pour la répartie et les images colorées.

Virginie Fortin: la trouille du cosmos

CRITIQUE / Pour la première de son one-woman-show intitulé «Du bruit dans le cosmos», mercredi soir, la jeune humoriste Virginie Fortin a partagé avec le public du Théâtre Petit Champlain ses angoisses existentielles face à l’immensité de l’univers, mais aussi sur des sujets plus terre à terre, comme la surconsommation, le sexisme et le féminisme.

Naturelle et en parfait contrôle sur scène, la comédienne de la télésérie Trop, également animatrice de L’heure est grave, a démontré son don pour la répartie et les images colorées. Une heure et demie d’un spectacle tricoté serré, mené sur un bon rythme, sans moments creux ou si peu. La jeune femme a même fait preuve de ses talents en improvisation à l’égard d’un spectateur et ses remarques sorties du champ gauche...

D’entrée de jeu, en phase avec le thème de son show, Virginie Fortin se plaît à partager quelques réflexions loufoques sur l’exploration de l’espace, comme les messages contenus dans les sondes Voyager permettant de mieux faire connaître les Terriens à d’éventuels extraterrestres qui, c’est bien connu, «parlent anglais comme dans les films».

Pour aborder le thème de la surconsommation, la jeune humoriste donne dans l’autodérision, à partir de son exemple personnel. Son dada, c’est le linge. Extrapolant à partir de ses 22 camisoles de différentes couleurs, elle en arrive au chiffre de quelque 500 millions de ces vêtements fabriqués en Chine, uniquement pour le marché canadien. «La seule raison pour laquelle ils ne nous ont pas encore attaqués, c’est parce qu’ils pensent qu’on est plus nombreux qu’eux autres...»

La jeune humoriste sait également se faire mordante contre les publicités de camionnettes utilitaires. «Le courage… la légende [entendre ici la voix de Dan Bigras]. Voyons, c’est pas courageux conduire un pick-up, c’est super sécuritaire. Conduire un scooter modifié, ça c’est courageux.»

En finale, l’humoriste a repris l’excellent numéro de la «féminazi», créé avec succès pour un gala Juste pour rire. Les hommes passent à la moulinette dans cette république imaginaire où les femmes font la loi. Mais comment faire monter les mâles dans des trains pour les conduire aux camps de concentration? «Juste à leur faire croire que c’est l’autobus Budweiser. Toé pis neuf de tes chums dans un manoir...»

Sans verser dans la vulgarité, avec un style bien à elle, la sympathique artiste a démontré qu’elle avait sa place, pas seulement au petit écran, mais aussi comme humoriste. La suite des choses s’annonce intéressante.