Le concert des violons du Roy, avec notamment le pianiste Kristian Bezuidenhout.

Violons du Roy : comme des feux d'artifices

CRITIQUE / Les Violons du Roy amorcent 2018 avec un programme aussi lumineux, pétillant et joyeux que des feux d’artifices : deux concertos de Mozart en compagnie du pianiste Kristian Bezuidenhout et la Symphonie no 80 de Haydn, qu’ils interprétaient pour la première fois.

Le chef Jonathan Cohen a du talent pour garder la musique vivante et ses musiciens aux aguets. Bien qu’il suive rigoureusement la partition, il dispose tout au long des pièces des étincelles et des variations d’intensité que les musiciens se font un plaisir d’exécuter. 

La musique de Mozart lui sied bien. Tout comme au pianiste Kristian Bezuidenhout, établi à Londres, avec qui on le dit très bon ami. Plus contenu pendant le premier concerto (le No 14), le soliste donnait tout de même l’impression que la musique illuminait son visage et l’animait d’infimes frissons et de froncements de sourcils pendant que ses doigts couraient sur les notes. 

Dans le premier mouvement, on dirait que le piano virvolte, enchaînant des volées de notes rapides, alors qu’il exécute une broderie plus délicate et pleine de souffle pour l’Andantino. Pour le dernier mouvement, l’orchestre et le piano s’enlacent avec plus de passion, jusqu’au point culminant, où Cohen et Bezuidenhout affichaient des sourires radieux.

La Symphonie no 80 de Haydn, très imagée, est faite de deux thèmes contrastés (l’un plus ténébreux et l’autre léger et moqueur) qui se relancent sans cesse, puis de déploiements et de coups de théâtre qui gardent l’auditeur attentif et ravi. Les Violons et leur directeur musical s’y sont frotté avec brio.

Le déferlement d’arabesques, de fusées et de pétillantes étincelles s’est poursuivi avec le Concerto no 18 de Mozart — ou d’Amadeus, pour reprendre le titre du concert, tout indiqué tant l’esprit du grand compositeur semblait vivant et amical. On trouvait là encore deux thèmes contrastés (cette idée de dialogue et de contrastes traversait tout le programme). Ici le piano semblait plus délié, volubile et fluide. 

Bezuidenhout laissait délicieusement flotter les notes dans l’air juste au moment où il le fallait, les Violons semblaient animés par une fièvre vivifiante, et nous, n’ayant plus envie de penser à rien, nous laissons glisser dans une torpeur ravie.

Le concert a été vu à 14h et présenté de nouveau à 20h jeudi, au Palais Montcalm. Ceux qui ont assisté au concert en soirée ont eu droit, en plus, à la Symphonie no 1 de Weyse. Amadeus et le piano sera joué à Montréal vendredi à 19h30 à la salle Bourgie.