Vincent Vallières n'a pas mis de temps à mettre ses admirateurs à l'aise, mercredi soir, à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau.

Vincent Vallières: le temps du renouveau

CRITIQUE / Une brassée de nouvelles chansons, de nouveaux musiciens et une énergie qui semble elle aussi renouvelée. S'il prend plaisir à faire référence à son âge et à son parcours lancé à une autre époque, Vincent Vallières a semblé rajeunir à vue d'oeil, vendredi, sur la scène de L'Impérial.
À 38 ans et avec près de 20 ans de carrière au compteur, le Sherbrookois peut certainement revendiquer le titre de (jeune) vétéran de la chanson québécoise. Il assume, s'amusant du fait que son premier album avait été lancé en format CD et en cassette... Peut-être parce qu'il sent approcher le cap des deux décennies de musique, Vincent Vallières survole son répertoire et brosse une sorte de bilan avec son nouveau spectacle. Un bilan souriant et festif, on s'entend. 
S'il est arrivé dans la capitale les bras chargés de chansons fraîches - son septième album, Le temps des vivants, est encore tout chaud -, Vincent Vallières a ouvert les hostilités en revisitant de belle manière la pièce Manu, vieille de près de 15 ans. Une version plus ronde et bonifiée de choeurs qui a donné un avant-goût de ce qu'il avait mitonné avec son nouveau groupe : outre le (dégourdi!) complice de longue date Andre Papanicolaou, Vallières compte maintenant sur les services de la bassiste (et choriste, entre autres choses) Amélie Mandeville et du batteur Marc-André Larocque. De quoi donner un nouveau souffle à des titres connus. 
Le repère tranquille a ainsi bien profité de l'apport vocal de Mandeville, tout comme L'amour, c'est pas pour les peureux, traité comme un véritable duo. Le Café Lézard s'est animé de bien enlevante façon, Avec toi a été joyeusement appesantie (et a été doublée d'un clin d'oeil à Éric Lapointe) et Le temps passe a explosé comme une véritable petite bombe. 
Nostalgie et autodérision
À plusieurs moments, vendredi, le spectacle de Vincent Vallières a pris des allures de numéro comique. Comme dans ce segment rempli de nostalgie et d'autodérision dans lequel les musiciens ont tour à tour confessé la chanson qui, lorsqu'ils étaient ados, les faisait attendre à côté de leur chaîne stéréo afin de l'enregistrer sur une cassette lorsqu'elle passerait à la radio. Mention spéciale au guitariste Andre Papanicolaou, dans une forme dangereuse, qui s'est lancé dans une imitation d'Axl Rose en chantant November Rain
L'intro de la nouvelle chanson On danse comme des cons - dont le titre a été pris au mot par Vallières et sa bande - a aussi été propice à une parenthèse rigolote lors de laquelle le groupe a montré de quel bois il se chauffe, d'abord individuellement, puis dans une absurde chorégraphie synchro. 
Dans un registre plus intime, Vallières a répondu à l'invitation de Gilles Vigneault, chez qui il a suivi un atelier d'écriture en début d'année, et a osé se départir de sa guitare pendant quelques titres pour uniquement jouer les chanteurs. Et s'il s'est offert un début de rappel en solo, le temps de servir Tom et Le monde tourne fort, c'était pour mieux être rejoint par ses musiciens pour renouer avec l'hymne On va s'aimer encore, reprise avec coeur par le public au terme de ces retrouvailles où tous ont eu de quoi prendre leur pied. Sur scène comme dans la salle.