Donald Duguay s’est montré très solide, jamais hésitant. Le seul plaignant dont la dénonciation a mené à des accusations contre Éric Salvail ne pouvait donner aucun détail sur les événements, mais tenait à sortir de l’ombre, la tête haute.

Victime, la tête haute

CHRONIQUE / Les victimes avaient toutes sortes de visages, dimanche à «Tout le monde en parle». Même s'il savait qu'accorder une entrevue en pleine télévision comportait des risques, Donald Duguay s'est montré très solide, jamais hésitant, dimanche à «Tout le monde en parle». Le seul plaignant dont la dénonciation a mené à des accusations contre Éric Salvail ne pouvait donner aucun détail sur les événements, mais tenait à sortir de l'ombre, la tête haute. Je lui décerne l'étoile du match.

«Je trouve que vous êtes très courageux», a lancé Dany Turcotte à celui qui a reçu le dossier de La Presse sur les inconduites sexuelles d'Éric Salvail comme un électrochoc. «Accepter de se dire victime, c'est très difficile», reconnaît-il. Avant, il craignait de voir les fans de l'animateur s'en prendre à lui. «Maintenant, je n'ai plus peur, j'ai relevé la tête. J'ai très hâte au procès.»

Il consacre son temps à l'initiative «7 millions de mousquetaires», une façon de sortir les victimes de leur mutisme, parce que «c'est le silence qui tue». Exemple concret : une personne attaquée à l'arme blanche parlera de son agression volontiers au bureau. Pas une victime de violence conjugale. «On est mal outillés», dit-il. Donald Duguay a été choqué en voyant les quatre députées plaider en faveur des victimes de violence sexuelle ou conjugale, à «Tout le monde en parle», parce que leur discours n'incluait pas les hommes et les minorités, aussi victimes.

Très convaincante, Lise Vadnais a décrit la mort horrible de sa sœur Christiane, tuée par un pitbull. Dans son livre Attention chien dangereux, elle dénonce la désinformation au sujet de ce qu'elle ne considère pas comme un animal, mais comme un monstre. Elle rage lorsqu'elle entend qu'il n'y a pas de mauvais chien mais que de mauvais maîtres, alors que le pitbull peut attaquer sans donner de signes avant-coureurs, et souvent son propre maître. Elle plaide pour la stérilisation systématique, qui mènerait éventuellement à la disparition de la race. «Mme Plante a fait passer le chien avant l'humain», dit-elle au sujet de la mairesse de Montréal, qui a fait annuler le règlement anti-pitbull, initié par l'ancienne administration.

Dans son dernier film, Grâce à Dieu, François Ozon s'attaque à la pédophilie dans l'Église, à partir de faits véridiques, les actes du père Bernard Preynat, qui aurait fait plus de 70 victimes chez les scouts. Même s'il n'a plus la foi depuis l'adolescence, le cinéaste français dit ne pas attaquer la religion avec son film, mais les prêtres pédophiles et ceux qui les protègent. Le père Preynat reconnaissait sa pédophilie mais restait protégé par l'Église, un fait qui a choqué le cinéaste. L'avocat du prêtre a voulu faire retarder la sortie du film, ce qui lui a été refusé, parce que «la liberté de création est plus forte en France, et que la présomption d'innocence avait déjà été bafouée», pense François Ozon.

Après sept saisons, Unité 9 s'arrêtera pour toujours mardi, sur ICI Radio-Canada Télé. «Je quittais des gens que j'aimais», explique Danielle Trottier lorsqu'elle parle de l'écriture de cette grande finale. «Qu'est-ce que je ne veux pas qu'il m'arrive?» s'est-elle demandée en entreprenant l'écriture de cette série phare, pour laquelle elle a rencontré une foule de personnes gravitant dans le milieu carcéral. Guylaine Tremblay au sujet de Marie Lamontagne. Elle comprend pourquoi l'auteure a attendu de permettre à Marie Lamontagne de faire son grand aveu. «Elle m'a aidé à comprendre le silence des femmes», affirme la comédienne.

En lisant que l'auteure faisait mourir les enfants de Marie, Guylaine Tremblay a lancé ses textes dans la voiture, choquée par une si cruelle décision. Mais Danielle Trottier dit qu'elle n'avait pas le choix de faire descendre son héroïne au plus bas pour qu'elle puisse remonter et renaître. Au sujet de Sinorama, dont elle faisait la promotion et qui a été mise sous tutelle, elle se dit «infiniment triste» de ce qui est arrivé. Elle se défend d'avoir testé trois fois plutôt qu'une le produit avant d'en faire la publicité. «Pour le reste, je pense que c'est à Sinorama de s'excuser», dit-elle, décochant une dernière flèche à la chroniqueuse Nathalie Petrowski, qui a été virulente à son endroit. Par ailleurs, Danielle Trottier a révélé que le sujet de sa prochaine série sera le passage de l'adolescence à l'âge adulte, dans une école fréquentée uniquement par des jeunes filles enceintes.

La recrudescence de la rougeole, alors qu'on la croyait éradiquée, sonne l'alarme sur les opposants à la vaccination. Olivier Bernard craint de voir une personnalité publique comme Angela Price, épouse de Carey Price, jouer d'influence pour promouvoir la vaccination alternative, une méthode décriée par les pédiatres. «Ce calendrier alternatif met les enfants en danger», prévient le «pharmachien». «Les vaccins fonctionnent tellement bien qu'on ne voit plus les bénéfices», affirme Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine. La désinformation fait hélas son effet. «Il y a de l'argent à faire là-dedans», rappelle Olivier Bernard, au sujet des lobbies anti-vaccin.

Le «pharmachien» s'insurge de voir encore des remèdes homéopathiques sur les tablettes, que Santé Canada ne devrait plus autoriser, selon lui. Victime d'intimidation après avoir questionné l'efficacité des injections de vitamine C dans le traitement du cancer, il a choisi de prendre une pause de ce débat, laissant d'autres professionnels se prononcer sur la question.

On a sorti le vin juste à temps pour Les Grandes Crues, Ève Côté et Marie-Lyne Joncas, qui ont déjà vendu 65 000 billets vendus. Leur spectacle commence aussi à intéresser les gars, qui ont compris que «c'était rempli de filles célibataires», a blagué Marie-Lyne. «On est chat et chien», a reconnu Ève en parlant du duo dépareillé, «pas supposé de s'aimer», poursuit sa collègue. «Où est-ce qu'on s'en va avec ça? Ça va être quoi dans 10 ans?» demande Marie-Lyne au sujet des photos de filles dénudées sur les réseaux sociaux, qui servent de modèles aux jeunes. Son commentaire sur Instagram sur la question qui a soulevé un débat, et c'est tant mieux, croit-elle.

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