Ce qui a frappé d'emblée, ce n'était pas qu'on avait le UZEB d'hier, mais celui d'aujourd'hui. Certes, les titres incontournables étaient au menu, mais 25 ans plus mûrs.

UZEB: comme si c'était hier... en mieux!

CRITIQUE / Loin des yeux, loin du coeur? Pas lorsqu'il est question d'UZEB et de ses fans. Le Palais Montcalm affichait complet, vendredi, pour la très attendue réunion du trio de jazz rock après 25 ans d'absence. La loyauté des admirateurs a été récompensée : on espérait un concert spécial, on a eu droit à une soirée hautement mémorable.
Le spectacle a commencé comme il s'est achevé, c'est-à-dire par une ovation et des salutations de Michel Cusson (guitares), Paul Brochu (batterie) et Alain Caron (basse). D'ailleurs, on ne compte plus le nombre de fois que le public s'est levé pour acclamer les interprétations de la formation, augmentée, pour certaines pièces, d'une section de cinq cuivres.
Michel Cusson
Alain Caron
«Vous avez été patients, 25 ans, ce n'est pas rien», a rigolé Alain Caron, premier des trois compères à prendre le micro, pour ensuite souligner la relation particulière du band avec Québec. On ne peut nier qu'on sentait le lien fort des artistes, dont Brochu, originaire du coin, avec la foule. Chaque solo suscitait l'approbation et plusieurs amateurs n'ont pas hésité à hurler des «mercis» bien sentis aux instrumentistes. 
Départ rapide
Les gars n'ont pas perdu de temps. Cusson a fait grimper la chaleur du manche de sa six cordes, tandis que Caron y allait de son jeu de slap bass, également à six cordes, et que Brochu déployait ses tentacules de pieuvre derrière la batterie. Ce qui a frappé d'emblée, ce n'était pas qu'on avait le UZEB d'hier, mais celui d'aujourd'hui. Certes, les titres incontournables étaient au menu, mais 25 ans plus mûrs. Car il ne faut pas l'oublier, les trois virtuoses ont tous été occupés pendant que leur groupe était sur la glace. Leur jeu a donc continué de s'affiner, gagnant en richesse et en profondeur. Une chose est demeurée la même, toutefois, soit la complicité qui les unit. Les sourires fusaient en effet régulièrement sur les planches.
Cusson a livré des solos de rocker, nous rappelant pourquoi il avait déjà fait partie du G3, auprès de Joe Satriani, s'est fait bluesy sur la reprise de Goodbye Pork Pie Hat, ou alors s'est amusé avec les textures, ayant l'air d'un savant fou au-dessus de son arsenal de pédales à effets et de gadgets électroniques. 
Caron, qui a opté le plus souvent pour sa fretless à six cordes, n'a pas ménagé les prouesses non plus, sans omettre des segments sensibles, notamment dans l'excellente Perrier-Citron. En plus de manier son instrument, il activait des nappes de claviers par l'entremise de pédales. En fin de parcours, il s'est permis avec Brochu un duo explosif, qui n'a pas manqué de soulever les spectateurs, qui ont d'ailleurs décidé de rester debout...
Paul Brochu
Brochu, pour sa part, a offert un spectaculaire solo à mi-parcours, démontrant qu'il a toujours la forme et la verve, tout en trouvant le moyen, lui aussi, de déclencher des effets ou des notes de claviers.
Finale en force
Ces grands techniciens n'ont pas fait dans l'économie de notes ou de virtuosité, mais ils n'ont jamais perdu la musique de vue. L'apport des cuivres a certainement été un bel ajout pour assurer à la troupe de garder de la chaleur dans ses sonorités.
Le show a pris l'allure d'un long crescendo, s'achevant en force. Pour le rappel, les vétérans avaient gardé le grand classique 60, rue des Lombards, pour fermer les livres, un peu plus tard, avec une impeccable Spider.
Des retrouvailles comme on pouvait les souhaiter, donc, qui avaient de quoi combler les fans les exigeants. UZEB remet ça samedi - avis aux intéressés, il reste quelques billets.