Harvey Weinstein

Une productrice de Netflix accuse Weinstein de viol

NEW YORK — Une productrice de Netflix ayant assigné Harvey Weinstein en justice pour harcèlement sexuel a accusé le producteur déchu de l’avoir violée et agressée sexuellement et verbalement sur une période de cinq ans.

Alexandra Canosa, connue pour avoir travaillé sur la série Netflix Marco Polo, avait porté plainte en décembre contre l’ex-magnat ainsi que contre la Weinstein Company et ses administrateurs, en réclamant 10 millions $ de dommages et intérêts.

Elle a amendé sa plainte lundi pour détailler ce dont elle accuse Harvey Weinstein, assurant qu’elle a été plusieurs fois violée par lui entre 2010 et 2015. Elle fait aussi état dans le texte d’agressions sexuelles et physiques au cours de la même période.

Alexandra Canosa avait déjà affirmé dans sa plainte que le producteur déchu l’avait «menacée» et lui avait «clairement signifié que si elle ne cédait pas à ses avances ou si elle révélait sa conduite, il y aurait des représailles, notamment l’humiliation, la perte de son emploi et l’impossibilité de travailler de nouveau dans le milieu du divertissement».

Quant à la Weinstein Company et ses administrateurs, ils «étaient au courant ou auraient dû avoir connaissance des agissements d’Harvey Weinstein et n’ont rien fait pour les corriger ou les circonscrire», accuse le texte.

«Au lieu de cela, la Weinstein Company a facilité, caché et soutenu ce comportement délictueux», affirme Alexandra Canosa dans son assignation.

Harvey Weinstein est déjà accusé de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle ou de viol par plus d’une centaine de femmes. Par le biais de ses représentants, il a nié toute accusation de relation sexuelle non consentie.

Lundi, l’actrice Ashley Judd, l’une des premières à avoir brisé le silence sur le producteur, a porté plainte contre Harvey Weinstein au tribunal de Los Angeles en l’accusant d’avoir ruiné sa carrière après qu’elle eut résisté à son harcèlement sexuel.

+

UN «PROXÉNÈTE EN SMOKING»

L’avocat d’une jeune actrice qui poursuit le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein l’a qualifié en cour de «proxénète en smoking».

L’avocat Jeff Herman a fait cette déclaration au juge au moment où il présentait ses arguments dans l’espoir que le magistrat autorise la poursuite intentée par Kadian Noble.

Selon la poursuite, la jeune femme aurait été agressée par Harvey Weinstein à Cannes, en France, en 2014.

Me Jeff Herman et sa cliente tentent d’invoquer la loi sur le trafic sexuel en se basant sur le fait que M. Weinstein est un citoyen américain qui a contraint Mme Noble sous prétexte de l’aider dans sa carrière.

Du côté de la défense, les avocats de M. Weinstein soutiennent que l’actrice a cherché à faire progresser sa carrière par des faveurs sexuelles et qu’elle ne peut pas prétendre être une victime du commerce sexuel.

Le juge fédéral Robert Sweet a reconnu que cette poursuite est une interprétation particulière de la loi sur le trafic sexuel et qu’il rendrait sa décision d’autoriser ou non la poursuite à une date ultérieure.

Plusieurs femmes se sont manifestées depuis l’automne dernier avec des allégations d’inconduite sexuelle contre M. Weinstein. Il fait l’objet d’enquêtes criminelles à New York, à Beverly Hills et à Los Angeles.  AP

+

LANTERN CAPITAL REPRENDRA LE STUDIO WEINSTEIN

La société d’investissement Lantern Capital a proposé le prix de reprise le plus élevé pour la Weinstein Company, le studio du producteur déchu Harvey Weinstein, et s’est ainsi assurée d’en prendre le contrôle.

Lantern s’était positionné dès l’ouverture de la procédure judiciaire pour reprendre l’essentiel de la Weinstein Company (TWC), moyennant 310 millions $ en numéraire et 120 M$ de reprise de dettes.

Mardi, plusieurs médias américains ont fait état d’une offre de dernière minute, déposée après la clôture par Inclusion Media, société du producteur de Broadway Harvey Kagan.

Elle proposait 315 M$, mais aussi de mettre de côté 30 M$ pour les victimes présumées d’Harvey Weinstein, accusé de viol, harcèlement ou agression sexuelle par plus de 100 femmes.

Le projet prévoyait également de leur distribuer des actions du studio créé par Harvey Weinstein et son frère Bob.

Pour la Weinstein Company, le projet n’offrait pas les garanties suffisantes, notamment en matière de financement, pour être considéré comme une offre recevable.

Le conseil d’administration a donc décidé de retenir l’offre de Lantern qui «offrait, avec certitude, la valorisation la plus importante», selon un communiqué publié mardi.

La reprise a été négociée en collaboration avec les services du procureur de l’État de New York, Eric Schneiderman, qui a insisté publiquement à plusieurs reprises pour que des dispositions soient prises pour indemniser les victimes présumées.

Le prix d’acquisition est sensiblement inférieur aux 500 M$, dettes comprises, proposés par le groupe d’investisseurs emmené par Maria Contreras-Sweet, avec lequel TWC n’est pas parvenu à s’entendre, ce qui a entraîné l’ouverture de la procédure judiciaire.

En y ajoutant les frais liés à la procédure judiciaire, la facture devrait se monter à près de 450 M$ pour Lantern Capital.

Selon le document déposé devant le tribunal du Delaware, TWC a déclaré des actifs valorisés entre 500 M$ et un milliard $, et un passif situé dans la même fourchette.

Parmi les actifs de la Weinstein Company figure notamment un catalogue de 277 films dont plusieurs films oscarisés tels que Le Discours du roi ou The Artist.