Anna Kendrick s’amuse comme une folle dans la peau d’une mère de banlieue naïve et romantique, projetée dans un monde dont elle ignore les codes.

«Une petite faveur»: au-delà des apparences ***1/2

CRITIQUE / Bien malin celui qui pourrait déterminer avec précision la nature d’«Une petite faveur» («A Simple Favor»). Un suspense noir? Une comédie satirique? Un drame psychologique? Un mélange des trois? Difficile à dire. Paul Feig s’est tellement amusé avec les codes cinématographiques que le spectateur ne sait jamais sur quel pied danser. Pour notre plus grand plaisir, surtout avec les performances dans la note d’Anna Kendrick et de Blake Lively en beautés désespérées…

Feig s’est surtout fait connaître pour ses films avec Melissa McCarthy et des comédies à la télé comme Weeds, The Office ou Mad Men. Le mélange des genres, il connaît. Ce qui est tout à fait approprié pour un film qui joue sur les apparences, qui, on le sait, sont souvent trompeuses...

La faveur du titre est celle qu’Emily (Lively) demande à Stephanie (Kendrick). Les deux se connaissent depuis peu et ne peuvent être plus différentes. La première est une professionnelle extravertie et sexy, portée sur les martinis l’après-midi, la deuxième, une jeune veuve un peu coincée qui tient un modeste vlogue sur ses petits trucs de mère à temps plein.

Lorsque sa nouvelle amie demande à Stephanie de garder son fils après l’école, la «sainte» s’empresse d’accepter. Mais deux jours plus tard, la flamboyante Emily n’est toujours pas revenue… Lorsque son conjoint Sean (Henry Golding), un écrivain raté, revient de Londres, la bonne mère s’empresse de lui confier ses inquiétudes.

Ils préviennent la police. Qui soupçonne rapidement le mari et la meilleure amie d’avoir planifié la disparition d’Emily. Les maladresses de Stephanie contribuent à renforcer leur impression…

Une petite faveur patauge dans les mêmes eaux que Les apparences et La fille du train, mais sur le mode déjanté avec des rebondissements ahurissants.

Pour peu qu’on se prête au jeu, le film procure un véritable plaisir. Les répliques savoureuses, des plus drôles aux plus vitrioliques, se succèdent à un rythme soutenu. Feig a le sens du détail et du punch — à part quelques petites fautes de goût et une fin beaucoup trop abracadabrante pour son bien.

Le réalisateur américain peut compter sur de solides performances de ses deux vedettes, surtout Kendrick (Dans les bois). L’actrice s’amuse comme une folle dans la peau de cette mère de banlieue naïve et romantique, projetée dans un monde dont elle ignore les codes. Et Lively est tout à fait l’aise dans le rôle d’une vamp manipulatrice.

En fait, Une petite faveur fonctionne à merveille parce qu’il n’a d’autres prétentions que d’être un divertissement qui, en multipliant les clins d’œil complices, nous fait passer un bon moment. Surtout avec une trame sonore composée, même dans sa version originale, de tubes de Gainsbourg, Dutronc, Hardy et compagnie...

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ***1/2

• Titre: Une petite faveur

• Genre: suspense

• Réalisateur: Paul Feig

• Acteurs: Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding

• Classement: général

• Durée: 1h56

• On aime: le mélange jouissif de genres. La réalisation alerte. L’intrigue aux rebondissements ahurissants. La trame sonore

• On n’aime pas: la fin over the top