Le numéro de jonglerie de Machine de cirque est à couper le souffle. Du grand art.

Une Machine de Cirque bien rodée

À la veille d’une tournée en sol européen, la compagnie Machine de Cirque avait convié une poignée de privilégiés, jeudi soir, à la première répétition publique de son nouveau spectacle La Galerie. Si l’œil averti du directeur artistique Vincent Dubé a noté quelques ajustements à apporter, le simple spectateur n’y a vu que du feu, tellement la magie, l’envoûtement et la fascination étaient au rendez-vous.

Créé dans un premier temps en Suisse, l’an dernier, ce nouveau spectacle s’est déplacé à Québec dans les derniers mois pour permettre le rodage des numéros, sous la direction du metteur en scène Olivier Lépine.

«Nous sommes orphelins de lieu de création. Ce n’est pas évident, il a fallu être créatif», explique Vincent Dubé. Quelques «grandes surfaces abandonnées», comme l’ancien local des Ailes de la Mode, à Fleur de Lys, et celui de Joe Fresh, sur le boulevard Henri-Bourassa, ont servi de refuge à la troupe.

Pour cette représentation sur invitation, Machine de Cirque avait déménagé ses pénates à la salle Montaigne, sur le campus de Charlesbourg du cégep Limoilou. Rares sont les endroits avec un plafond suffisamment haut pour permettre de fulgurantes envolées et autres acrobaties.

Fantasmagorie

C’est dans le décor minimaliste d’une «toile éphémère» que les sept membres de Machine de Cirque se déploient, dans un enchaînement de numéros qui empruntent fois à la fois au théâtre, au pantomime et à la danse moderne. La frontière entre ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas s’efface progressivement, laissant le spectateur un peu médusé (particulièrement en ouverture), mais surtout estomaqué par la fantasmagorie de la proposition où s’entrechoquent humour et poésie.

Lors d’incroyables chassés-croisés, les corps sautent, virevoltent, s’envolent dans les bras de l’un, retombent dans les bras de l’autre, défient la gravité, sur la musique et la voix de la multi-instrumentiste Lyne Goulet. Une reconstitution d’une vente aux enchères, avec ses portés fulgurants, laisse bouche bée. Un numéro de barre russe donne des sueurs froides. Une imitation de la dernière Cène se transforme en party festif où les acrobates s’éclatent dans un déluge de pop-corn. 

Les sept artistes-athlètes — Adam Strom, Antoine Morin, Gaël Della-Valle, Pauline Bonnami, Vladimir Lissouba, William Poliquin-­Simms et Connor Houlihan — tous plus formidables les uns que les autres, s’exécutent dans des conditions où la marge de manœuvre est quasi inexistante. Un léger faux pas, un petit manque de concentration, une minuscule erreur de synchronisme, et on n’osait imaginer la suite...

Ce nouveau spectacle fera ses premiers pas officiels le mois prochain en Roumanie, en Italie et en France, avant de s’installer en août à Édimbourg, en Écosse. Entre-temps, la troupe sera à l’honneur du 4 au 14 juillet, à la TOHU de Montréal, dans le cadre de l’événement Complètement Cirque.

Aucune date n’est pour le moment annoncée pour Québec, mais il d’ores et déjà certain, assure Vincent Dubé, que la troupe reviendra dans la ville qui l’a vue naître dès que son calendrier le lui permettra. 

Dans le nouveau Diamant de place d’Youville cet automne?

Le nouveau spectacle de Machine de Cirque donne lieu à des prouesses époustouflantes.