L’exposition <em>Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain </em>est prolongée jusqu'au 7 septembre. 
L’exposition <em>Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain </em>est prolongée jusqu'au 7 septembre. 

Une «expérience nouvelle» au musée

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Vous avez pris l’habitude de suivre les flèches quand vous faites vos emplettes à l’épicerie? Vous serez invités à faire la même chose en renouant avec les œuvres du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), dès le 29 juin. Mais l’expérience risque d’être autrement plus paisible en ces temps de distanciations sociales.

«On reconstruit une expérience nouvelle, résume le directeur général du MNBAQ, Jean-Luc Murray. Les musées se recentrent sur ce moment privilégié qu’on passe avec une œuvre d’art. Les conditions qu’on nous demande de respecter vont rendre ça possible. On aura d’autres mesures du succès que la billetterie ou le nombre de personnes. C’est le qualitatif qui va prendre le dessus. C’est très le fun ce qui s’en vient dans les prochaines semaines. On a le projet de faire de la contrainte, du sentier, du parcours, quelque chose de transcendant et d’apaisant.»

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé vendredi que les musées, les comptoirs de prêt des bibliothèques et les ciné-parcs pourraient redémarrer «à leur rythme» à partir du 29 mai. Au MNBAQ, le pavillon Pierre-Lassonde ouvrira ses portes le 29 juin, un mois après la date permise. Avant même que le feu vert ne soit donné, c’était l’horizon que visait l’équipe pour accueillir les visiteurs de façon «confortable». Un maximum de 80 personnes par heure seront admises pour l’exposition «vedette». Les gens seront invités à réserver d’avance une plage horaire en vue de leur visite.

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M. Murray se dit conscient que certaines personnes seront réticentes à renouer avec les activités culturelles pendant que la COVID-19 rôde toujours. «On veut les rassurer tout de suite. Il va y avoir des contraintes, mais l’essence de l’expérience ne sera pas touchée. Et à la limite, ils risquent d’aimer plus ça qu’avant», assure-t-il.

Plus de temps pour Frida Kahlo

Confinée en nos murs pendant la pandémie, l’exposition Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain devait prendre fin cette semaine. Dans le contexte où le démontage s’avérait problématique et après une entente avec le musée de Portland qui devait l’accueillir cet été, elle sera prolongée jusqu’au 7 septembre.

Trois expositions de la collection nationale du MNBAQ seront également accessibles dès le 29 juin : De Ferron à BGL. Art contemporain du Québec, Art inuit. La collection Brousseau, Ilippunga et Arts décoratifs et design du Québec.

Outre le récent pavillon Lassonde, les autres bâtiments demeureront fermés aux visiteurs pour le moment et accueilleront notamment le camp d’été du MNBAQ. «On le voit comme un service à la communauté, explique M. Murray. On va utiliser les espaces et les collections des deux autres pavillons pour que les enfants aient tout l’espace requis et aient accès aux œuvres sans être en contact avec les autres visiteurs et les équipes du musée.»

L'exposition autour de <em>Broue</em> au Musée de la civilisation

Musée de la civilisation

Au Musée de la civilisation, la date du 20 juin a été ciblée pour la réouverture de toutes les installations, sauf quelques exceptions (notamment l’atelier de costumes, difficilement gérable en mode distanciation sociale). Une billetterie en ligne sera privilégiée. Les visiteurs devront aussi réserver d’avance le moment de leur présence. Ils suivront ensuite un parcours prédéterminé dans les salles d’exposition. Mais selon les dires du directeur général, Stéphan La Roche, ils seront chouchoutés.

«Ça va permettre aux visiteurs d’avoir une expérience très agréable, parce qu’ils ne seront jamais bousculés. Ils vont avoir de l’espace, de l’intimité avec les œuvres ou les objets qu’ils viennent voir», indique-t-il.

Si l’équipe planche sur des scénarios de réouverture depuis le début du confinement, pas question de sauter des étapes. «On ne se précipite pas pour ouvrir, ajoute M. La Roche. Ça nous prend du temps pour installer ça. Actuellement, nos employés ne sont pas au musée. On veut prendre le temps de bien faire les choses. Notre préoccupation première est d’assurer la santé et la sécurité de tout le monde. Et à travers tout ça, on a aussi la préoccupation de leur faire vivre la plus belle expérience.»