Un spectacle dans le désordre

À 20h05, les organisateurs du spectacle de la Fête nationale sur les Plaines ont envoyé un communiqué aux journalistes les avisant que le spectacle prévu pour 21h était devancé à... 20h. Et le public? Rien sur le site officiel www.fetenationale.quebec. Sur Facebook, les organisateurs ont indiqué à 20h03, comme si de rien n'était, que le spectacle avait débuté. Pendant ce temps les spectateurs se dirigeaient tranquillement vers les Plaines sans se douter de rien.
C'est donc devant une foule famélique que s'est déroulée la moitié du Grand spectacle de la Fête nationale. Ceux qui voulaient voir le spectacle en direct plutôt que devant leur téléviseur à 21h30 ont dû se demander pourquoi ils arrivaient au milieu du spectacle... Comme de raison, à 21h10, la foule était beaucoup plus respectable et n'a cessé de gonfler jusqu'à 22h30.
«En raison des conditions météorologiques qui sévissent dans la Capitale nationale, le Mouvement national des Québécoises et Québécois, de concert avec Sismyk, la division musicale de Québécomm, prennent la décision de devancer la tenue du spectacle sur les plaines d'Abraham», lisait-on dans le communiqué. D'accord. Mais on aurait dû prendre la décision et surtout en informer les gens par tous les moyens possibles beaucoup plus tôt.
Alors que le spectacle tirait à sa fin, on a annoncé aux médias que les artistes avaient accepté à l'unanimité de reprendre les premiers numéros. On a donc finalement eu droit à tout le spectacle, mais dans le désordre.
Numéros bien ficelés
C'est dommage, puisque le spectacle réalisé par Jean-François Blais et sous la direction musicale de Jean-Benoît Lasanté était bien ficelé, avec des numéros cohérents et de très beaux moments de chanson.
À notre arrivée, Gregory Charles était au piano pour entonner Bozo de Félix Leclerc et Ordinaire de Robert Charlebois accompagné d'un choeur. Puis Daniel Bélanger a livré une très belle version de Rêver mieux avec Ingrid Saint-Pierre. Richard Séguin est venu le rejoindre pour Fous n'importe où.
Le concept était sensiblement le même que l'an dernier, des classiques et des chansons plus récentes étaient entremêlés dans des numéros collectifs. Musicalement, c'était un heureux mélange de segments dynamiques et de passages plus planants. On n'avait qu'à se laisser porter par les refrains connus, on pouvait même chanter les paroles en choeur en suivant les surtitres qui défilaient sur scène.
Marie Mai s'en est très bien tirée à l'animation avec de courtes interventions bien écrites. Les artistes ont livré leur numéro avec beaucoup d'énergie et tout s'enchaînait sans anicroche.
Le discours patriotique a été livré à plusieurs voix, après un segment scandé par David Goudreault et une intervention de Michel Rivard, porte-parole des célébrations cette année.
Alexe Gaudreault et Travis Cormier, qui se sont fait connaître à l'émission La Voix, côtoyaient les Éric Lapointe, Luce Dufault, Vincent Vallières et Laurence Jalbert, qui ont puisé à tous les répertoires. Marjo n'est arrivée qu'en fin de course. Les feux d'artifice ont éclaté pendant Il y a tant à faire, de Daniel Bélanger et ça s'est terminé avec Toujours vivant de Gerry Boulet... pour mieux recommencer.
Le numéro d'ouverture était superbement festif, avec tous les interprètes qui se succédaient, appuyé par Nicolas Pellerin et Les Grands Hurleurs. En fin de soirée, l'ambiance sur les Plaines n'avait évidemment rien à voir avec celle de 20h, mais à la télé, avec les cadrages serrés, on n'y aura vu que du feu. Les spectateurs présents à cette heure n'ont pas semblé s'en plaindre non plus.
Le spectacle sera en rediffusion sur les ondes de Télé-Québec le 24 juin à 15h et en rattrapage à telequebec.tv jusqu'au 24 août.
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Parent-Bédard évoque des raisons de sécurité
«C'est la tempête Cindy. À partir de midi, on a réuni notre cellule de crise, la priorité et l'enjeu numéro un pour nous était la sécurité des artistes et des artisans sur scène. Cet après-midi, on a annulé notre générale parce que certains artistes ont glissé, sont tombés, auraient pu se blesser», a expliqué Sylvain Parent-Bédard, le fondateur de SISMYK, lorsque nous lui avons demandé pourquoi le spectacle avait démarré une heure plus tôt que prévu. «Jusqu'à 19h15, quand on a annoncé qu'on allait devancer le spectacle, on l'a annoncé immédiatement sur les réseaux sociaux et aux médias, parce qu'il y avait une fenêtre, selon Environnement Canada, de deux heures pour nous permettre de faire le spectacle.»