Malgré une courte prestation, Rod Stewart a offert le meilleur de son répertoire à ses fans conquis.

Un Rod Stewart énergique mais bref

CRITIQUE / S’il est une chanson qui symbolise l’état de corps et d’esprit de Rod Stewart, c’est bien «Forever Young», que le chanteur de 73 ans a entonnée à mi-parcours de son spectacle, lundi soir, au Centre Vidéotron. Vouloir être jeune pour toujours, c’est l’impression que donne la star qui a offert avec une belle énergie, dans une bien courte prestation d'une heure quarante, le meilleur cru de son répertoire. Sa voix, reconnaissable entre toutes, a fait le travail sans trop accuser de faiblesses.

Sept ans que Stewart n’avait pas mis les pieds dans la capitale. C’était de l’autre côté du fleuve, à Lévis, pour les fêtes du 375e anniversaire. Si, à l’époque, son show en plein air avait reçu un accueil plutôt tiède, il en est allé autrement cette fois, alors que le dispositif scénique a permis à la vedette et son orchestre de s’éclater un max, au fil d’une vingtaine de chansons.

Dès les premières notes de Young Turks, Stewart a mis les quelque 6000 fans dans sa petite poche d’en arrière. Sur le parterre, ça ne se gênait pas pour se déhancher et crier très fort sa joie d’être là, dans ce qui constituait peut-être sa dernière visite dans la capitale. Idem pour un autre de ses succès, Some Guys, avec une foule reprenant a capella les «Hou-ou-ou-ou! Hou-ou-ou-ou! Hou-ou!».

Neuf jours après la Saint-Patrick, le chanteur originaire d’Écosse a mis en vitrine la culture celtique. D’abord, avant le lever de rideau, avec les cornemuses du 78th Fraser Highlanders de Québec circulant sur le parterre; ensuite, pendant le succès de 1962, You Wear it Well, avec joueuses de violon en kilt.

Stewart a d’ailleurs laissé une large place à ses six musiciens et ses trois choristes, tous plus impressionnants les uns que les autres. On pense à ces entraînants solos de batterie, à mi-chemin de Forever Young, qui ont permis au chanteur en sueur d’aller changer de chemise.

Photos et vidéos

Assis sur un tabouret, à l’avant de la scène, encadré de ses collaborateurs, le chanteur a ensuite merveilleusement enchaîné First Cut, People Get Ready, You’re in my Heart et Have I Told You, devant une dizaine d’écrans de dimension variable utilisés avec flamboyance tout au long de la soirée. Plusieurs photos et vidéos de Sir Rod, à différentes époques de sa carrière, ont été mises en évidence.

Comme à Lévis en 2011, Stewart n’a pas abusé de la langue de Molière. Un timide «Bonsoir» en ouverture, c’est à peu près tout. Ses interventions, nombreuses et senties, l’ont été uniquement en anglais. Pour parler de son père, son plus grand supporteur; de la neige abondante à Québec; des soldats qui se sacrifient à la guerre.

La dernière ligne droite du spectacle a laissé place aux morceaux de résistance. Grand fan de soccer, Stewart a pris plaisir à botter plusieurs ballons dans la foule sur Stay with Me, avant d’y aller d’un Maggie et d’un Baby Jane fort appréciés.

En rappel, on vous le donne en mille, eh oui, l’incontournable Da Ya Think I’m Sexy? Entonné pendant que des centaines de ballons multicolores pleuvaient sur le parterre, son morceau le plus célèbre a encore une fois donné lieu à de belles performances solo, dont celle du saxophoniste Jimmy Roberts.

Le party était pris, les amis, mais c’était pour indiquer que c’était fini. Enjoy yourself, it’s later than you think, est-il alors apparu sur les écrans. Il était 21h20…