Le ComediHa! a approché Phil Roy pour faire un gala rassemblant de nouveaux talents et attirant de nouveaux spectateurs.

Un menu jeunesse signé Phil Roy au ComediHa!

Alors que le ComediHa! célèbre ses 20 ans, Phil Roy anime et met en scène pour une 3e année un gala qui rassemble de jeunes humoristes. Le tout juste trentenaire adepte de métaphores culinaires s’amuse ferme en mettant les autres à l’avant-plan.

Nous avons discuté dans un restaurant de Québec, le temps que sa pizza sorte du four pour être dévorée lors d’un dîner tardif, au milieu d’une série d’entrevues. «Ma job, c’est de mettre la table et de faire le service, illustre-t-il. Je m’assure que si l’humoriste concocte un met chinois, les gens aient des baguettes et que si c’est un spaghetti, ils aient des fourchettes.»

En plus d’animer le gala et d’écrire lui-même ses textes (avec ses complices Olivier Gaudet et Sébastien Ravary), il en fait la mise en scène. «J’aime avoir tous ces chapeaux-là parce que pour moi l’idée de la soirée est très claire depuis le début», note-t-il. ComediHa! l’a approché pour faire un gala rassemblant de nouveaux talents et attirant de nouveaux spectateurs. «Des humoristes de moins de 35 ans pour des spectateurs de moins de 35 ans, expose-t-il. On s’est rendu compte le soir du show que beaucoup de spectateurs étaient venus avec leurs parents. Comme s’ils voulaient comprendre on était qui.»

Phil Roy a vécu sa première expérience de gala alors que le ComediHa! s’appelait encore le Grand Rire, pendant les soirées Grandes Premières. «J’ai cette volonté d’offrir des premières fois, glisse-t-il. On a eu le premier gala de Jay Du Temple, de Julien Lacroix, de Pierre-Yves Roy-Desmarais et de Rosalie Vaillancourt, qui se sont tous établis par après.»

Cette année, on pourra découvrir Pascal Cameron, un «vieux» de 34 ans, que Phil Roy a côtoyé à l’École nationale de l’humour et Dave Morgan, qui a fait les premières parties de Mariana Mazza. Il a réussi à mettre la main sur Coco Belliveau, du Nouveau-Brunswick. «Aux auditions, ça se battait pour savoir qui allait l’avoir sur son gala, et comme c’est un peu une amie, je sais que ç’a a joué pour moi», raconte-t-il. Anaïs Favron, qu’on a vue comme animatrice et comédienne, viendra faire son premier numéro d’humour, inspirée par Pierre-Luc Funk, qui a fait ses premières armes au gala de Phil Roy l’an dernier.

Dans une galaxie près de chez vous, Radio Enfer et Les intrépides ont inspiré des numéros de groupe qui évoquent la prime jeunesse de la génération mise en valeur. «On fera encore un numéro du genre, à grand déploiement, même si ça fait toujours bizarre de dire “à grand déploiement”, souligne Phil Roy. La première année, on avait fait faire un scooter 22 places. C’est-tu ce qu’on appelle à grand déploiement? En humour oui, mais le Cirque du Soleil ferait “C’est cool votre exposé oral”»

Prochain spectacle au four

Vous l’aurez compris, les idées sortent facilement de leurs gonds lorsqu’on discute avec Phil Roy. La tournée de son premier spectacle solo, intitulé Monsieur, s’est terminée en février et il s’applique à rassembler du nouveau matériel pour le prochain.

«J’écris tous les jours, je suis toujours en train d’annoter, l’onglet Notes dans mon téléphone est plein, je pourrais imprimer 60 pages. Peut-être pas 60 bonnes pages, mais au moins une, indique-t-il. Je prends des notes sur tout ce que je vois, sur mon environnement.» Dès que l’occasion de tester ses gags dans une soirée d’humour se présente, il se lance.

«La beauté des soirées d’humour, c’est que tu peux venir rôder une seule joke, peaufiner un truc, un punch, une fin. C’est trippant de voir l’évolution d’un numéro et de se dire, wow, c’est moi qui fais ça. C’est vraiment valorisant écrire», confie-t-il.

Après avoir abordé son passage à l’âge adulte avec Monsieur, il entend poursuivre ses réflexions en abordant sa popularité montante. «Les deux dernières années ont été complètement éclatées, surréelles, même. Tantôt, on est passé en haut du Palais Montcalm et il y avait un groupe en sortie scolaire. On a pris des photos pendant une demi-heure, explique-t-il. Il y a deux ans et demi, ça ne m’arrivait pas, et là ça m’arrive de plus en plus. Nécessairement, ça change ma façon d’aborder ma journée et ma vie. Ça change le regard que je porte sur moi-même.»

L’heure est donc aux bilans, un recul nécessaire dont la famille de l’humoriste a fait une tradition annuelle. Lorsqu’on lui demande son bon coup de l’année, il répond que c’est d’assumer son métier. «Pendant longtemps, je ne disais pas aux gens que j’étais humoriste. Je disais que je faisais des jokes», note celui qui anime aussi l’émission Phil s’invite à V, une corde qu’il est fier d’avoir mise à son arc. «Assumer tes envies et tes ambitions, je trouve que ça fait preuve d’une belle maturité. Dire à quelqu’un que tu serais bon pour un poste, que tu peux amener quelque chose, ça prend quand même du front. Je trouve ça beau.»

Et que voudrait-il améliorer? «Il faut constamment se ramener les pieds sur terre. Te faire reconnaître par les gens dans la rue, ça peut te donner envie de dire que tu n’attendras pas au restaurant. Mais il faut se rappeler que ce n’est pas ça la vraie vie et que c’est un pan qui vient avec le métier que tu fais», philosophe-t-il.

Le gala de Phil Roy est présenté le vendredi 9 août à 20h au Palais Montcalm, mais il affiche déjà complet.

Il sera possible de le revoir à la télévision de Radio-Canada en septembre.

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QUESTIONS EN RAFALE

Ton idole?

Post Malone. J’aime tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit, ce qu’il a l’air. Je l’adore. Je pourrais attendre six heures ou camper pour le rencontrer.

Une découverte artistique?

Émile Bilodeau. J’aime la musique, j’adore le gars. Il me rappelle pourquoi je suis artiste.

Si tu n’étais pas humoriste, que ferais-tu?

Je serais animateur socioculturel dans un cégep. Je voudrais pousser les jeunes à créer de l’activité.

Une de tes passions (à part l’humour)?

Le café. J’ai mes spots. À Québec, c’est le Maelstrom, parce que j’aime le café plus acidulé et plus fruité.

Quels genres de voyages fais-tu?

Des foodtrips avec ma blonde. Je suis allé à Toronto et je ne peux pas nommer un seul musée, mais je peux parler de six restos. On s’entraîne et on mange.

À quoi ressemblent tes vacances?

Je vais en Italie en septembre. Cet été, je fais beaucoup de surf de rivière à travers tous les festivals d’humour, que je retrouve après trois ans de tournée.