Les réalisateurs Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier ont assisté à la plupart des réunions du comité de citoyens de Saint-Ubalde chargé d’accueillir une famille syrienne.

Un élan de générosité dans Portneuf documenté dans «La maison des Syriens»

En février 2017, Evlin, Hani et leur fillette Lamitta s’installaient dans le village de Saint-Ubalde, dans Portneuf, fuyant un pays à feu et à sang. Si la petite famille syrienne s’est retrouvée dans ce havre de paix, c’est grâce à un touchant élan de solidarité d’un comité de citoyens déterminés à faire œuvre utile.

Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier, un couple de réalisateurs installé à Grondines, ont suivi, pour les besoins de leur documentaire La maison des Syriens, le long processus menant à leur arrivée depuis le Liban.

L’année précédente, dans la foulée de la mort du petit Aylan Kurdi, dont la photo le montrant inanimé sur une plage de Turquie a fait le tour du monde, «une grosse vague de sensibilisation» a déferlé pour venir en aide aux réfugiés syriens. Plusieurs comités de parrainage se sont formés dans Portneuf, dont un à Saint-Ubalde, un mouvement initié par le diacre Gilles Pellerin.

En raison d’«une heureuse proximité» géographique, les deux documentaristes se sont rendus à plusieurs reprises dans ce village pour filmer les rencontres du comité. «On a assisté à toutes les réunions. Habituellement un documentaire demande une vingtaine de jours de tournage. Dans ce cas-ci, on a tourné pendant 45 jours», explique Christian Mathieu Fournier.

La quinzaine de bénévoles a accepté d’emblée le projet, d’autant plus que le couple leur a promis de filmer dans la plus grande discrétion, sans entrevue à la caméra, dans la tradition du cinéma direct.


« C’est touchant de voir cet accueil gratuit et sans retenue envers des inconnus »
La réalisatrice Nadine Beaudet

Une résidente de Saint-Ubalde, Margot Moisan, a généreusement accepté de prêter sa résidence à la famille syrienne. Pendant de longs mois, on peut voir les membres du comité mettre la main à la pâte afin que la demeure soit impeccable à l’arrivée des invités.

Un exemple d’intégration
Ce n’est que dans les derniers instants du documentaire que la famille syrienne apparaît à l’écran, de façon très discrète. «C’est un parti-pris de notre part, mentionne Nadine Beaudet. Nous ne voulions pas la filmer dans son quotidien. On préférait lui laisser vivre le choc de l’arrivée.»

L’histoire de cette famille de réfugiés est un exemple de «superbe intégration», confient les documentaristes. Le père s’est trouvé un emploi au restaurant du village et prépare chaque semaine des mets syriens pour les clients. La petite Lamitta fréquente la garderie du village et parle couramment français et arabe. «Ils ont eu un autre enfant, un petit garçon, qu’ils appellent leur petit Québécois», ajoute Christian Mathieu Fournier.

Evlin et Hani seront bientôt rejoints dans Portneuf par d’autres membres de leur famille, soutenus à leur tour par différents comités de parrainage portneuvois.

«Ça fait tomber beaucoup de préjugés à l’égard des milieux ruraux. C’est touchant de voir cet accueil gratuit et sans retenue envers des inconnus», termine Nadine Beaudet.

La maison des Syriens sera présenté mardi 19h au Clap dans le cadre du Mois du documentaire et prendra l’affiche au Clap le 11 mai. Une projection en présence des deux réalisateurs aura lieu le lendemain.