Charlotte Gagnon (mezzo-soprano) et Cécile Muhire (soprano) dans L’aventure gourmande d’Hansel et Gretel

Un bonbon pour goûter l’art lyrique

Pour introduire les jeunes à l’opéra, l’équipe de «L’aventure gourmande d’Hansel et Gretel» a adopté une recette alléchante: prendre les plus beaux airs, mettre un peu de magie, un peu d’humour, un peu de sucre, et quelques feux d’artifice. Résultat: un opéra bonbon «de poche» qui se déplace dans les terrains de jeu pendant le Festival d’opéra de Québec.

Le concert-opérette créé par les Jeunesses musicales du Canada a été joué une trentaine de fois et une autre trentaine de représentations est prévue cette année.

«Ça montre qu’il y a vraiment un intérêt pour un spectacle qui initie à l’opéra. Je crois que les gens ont envie d’aimer ça, mais parfois ils ont un peu peur, parce que ça paraît énorme», croit Pascal Blanchet, qui signe le texte, adapté du livret de l’opéra Hansel et Gretel.

«Adapté» est un mot un peu faible, puisque l’opéra en trois actes en allemand d’Engelbert Humperdinck, «un disciple de Wagner» — donc on comprendra que c’est du costaud — est devenu un spectacle de 55 minutes (voire 35, en version courte), en français courant, pour quatre interprètes.

La quête de bonbons

Le projet est une idée de la soprano Cécile Muhire, qui interprète Gretel dans cette version adoucie du conte. «Dans le conte d’origine, il y a un père alcoolique, une mère méchante, une sorcière qui veut manger les enfants après les avoir kidnappés… Je ne me sentais pas très à l’aise avec ça. Surtout parce que je viens de la télé, où on fait toujours très attention. Donc je me suis concentré sur les enfants et leur quête de bonbons», explique M. Blanchet.

Formé à l’École de l’humour en écriture, auteur pour la télé depuis les années 90, détenteur d’un doctorat en musicologie consacré à l’opérette, il était tout indiqué pour relever le défi.

Deux chanteuses («drôles et bonnes comédiennes», note M. Blanchet), un pianiste («qui fait quelques folies») et un comédien («qui accepte de chanter mal») forment la distribution. «Le comédien joue un peu le rôle de l’enfant. Ses questions permettent de passer des informations, de dire aux jeunes qu’il y a différentes sortes de voix», indique l’auteur, qui s’est appliqué à ce que le texte «pétille» constamment, pour garder l’attention des enfants.

Sans vous vendre la mèche, disons que l’apparition de la sorcière — parfois jouée par un vieux ténor dans l’opéra d’Humperdinck — devrait faire partie des feux d’artifice.

L’aventure gourmande d’Hansel et Gretel sera présenté dans plusieurs terrains de jeu et camps de jour à l’occasion du Festival d’opéra de Québec. Il sera aussi présenté le mardi 4 décembre au Palais Montcalm, pour les groupes scolaires.