«Sans les réseaux sociaux, mon album ne se serait pas vendu à plus de 10000 exemplaires», affirme Roxane Bruneau.

Un astéroïde nommé Roxane Bruneau

Pour bien des spectateurs, Roxane Bruneau arrive comme un petit astéroïde dans l’univers de la chanson, avec son humour et son look assumés, son premier album Dysphorie et ses hordes de fans enthousiastes. Qui la suit sur les réseaux sociaux sait toutefois qu’elle a construit son auditoire brique par brique, ou plutôt publication par publication.

La jeune femme avait une heure de sommeil dans le corps lors de notre entrevue, le lendemain d’une performance à Saint-Georges de Beauce. Ce n’est pas la fête qui avait amputé son sommeil, mais le stress… avec la tournée, elle a l’impression que sa carrière démarre «pour de vrai».

«J’ai fait huit fois la Place des Arts, mais c’est à côté de chez nous. Là, ça commence. Il va falloir que je gère mon anxiété», expose-t-elle. D’autant plus qu’elle a dû apprivoiser l’avion, pour aller chanter en première partie d’Éric Lapointe cette semaine au Festival Pully Lavaux à l’heure du Québec. «Je me suis pratiquée [à prendre l’avion] en allant à Las Vegas. Je ne veux pas dire que j’ai tant aimé ça. Je crois que je vais prendre deux ou trois Gravol. Mais je me trouve vraiment chanceuse. Je commence, je viens de sortir un album, et je pars en Suisse, wow

À Montréal cet automne, sept de ses spectacles à la salle Claude-Léveillée, puis à la Cinquième salle de la Place des arts, ont affiché complet, alors que son premier extrait J’pas stressée ne cesse rouler au 96,9 CKOI.

Réseaux sociaux

Lorsqu’elle animait les soirées Sirius XM pour la relève musicale, elle s’est souvent fait demander des conseils. «Pour moi la musique, tu écrivais des tounes, tu sortais un album et tu faisais des shows, mais j’ai rencontré des gens pour qui c’est un peu plus dur. Ce n’est pas qu’ils n’ont pas le talent, il y a des filles là-dedans qui chantaient et qui me faisaient brailler tellement c’était beau, c’est les réseaux sociaux. Sans les réseaux sociaux, mon album ne se serait pas vendu à plus de 10000 exemplaires. J’ai agrandi le réseau pendant cinq ans, les gens pensent que je sors de nulle part, mais il y a eu beaucoup de travail dans l’ombre», constate Roxane Bruneau.


« Ça fait cinq ans que mes fans sont des pouces, des cœurs, des bonhommes sourire et des partages, là je vais les voir pour vrai. »
Roxane Bruneau

En chanson, elle met son cœur à nu et enchaîne les métaphores (c’est ce qu’elle aime, justement, de l’écriture de Gerry Boulet, celui qu’elle nomme lorsqu’on lui demande de citer une influence). Dans ses vidéos (Je chante vos commentaires donne un bon aperçu) et lorsqu’elle parle sur scène, c’est toutefois l’humoriste qui se pointe le bout du nez. 

«Je l’assume, mais j’ai un peu le syndrome de l’imposteur. Je n’ai pas fait l’École de l’humour ou En route vers mon premier gala, je n’ai pas suivi le parcours tout tracé. Dans mon show, s’il m’est arrivé quelque chose la veille, je vais en parler. Je n’ai pas de textes écrits. Je n’ai pas runné mes gags, je me garroche sans parachute, c’est de l’improvisation», expose-t-elle.

Elle se fait un point d’honneur de gérer elle-même tous ses réseaux sociaux. «C’est pour ça que ça fonctionne. Les gens savent que c’est moi qui es au bout de l’ordinateur ou du téléphone. J’ai les meilleurs abonnés du monde, même si c’est humainement impossible de tous leur répondre. Je fais des statuts, des Snapchat, des stories sur Instagram, les gens savent tout ce qui se passe dans ma vie. J’ai des brûlements d’estomac et ils le savent.»

Cette démarche a fait son effet, puisque les abonnés du monde virtuel se déplacent maintenant en chair et en os dans les salles de spectacle. «Une heure avant le show, je déteste mon choix de carrière, j’ai envie de mourir, mais une fois rendue sur scène, c’est fou ce que ça fait, l’amour qu’ils me donnent. Je regarde la liste de shows pour cet été et j’ai hâte. Ça fait cinq ans que mes fans sont des pouces, des cœurs, des bonhommes sourire et des partages, là je vais les voir pour vrai.»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Qui: Roxane Bruneau

Quoi: Dysphorie

Quand: samedi 16 juin à 20h

Où: Grand Théâtre de Québec

Billets: 33,50 $ (28,50 $ pour les étudiants)

Info: www.grandtheatre.qc.ca et 1 877-643-8131