Ultime cure de jeunesse pour Le Capitole [VIDÉO]

Malgré l’état de délabrement avancé de l’édifice lorsqu’il y a mis les pieds pour la première fois, en 1990, Jean Pilote a eu un «vrai coup de foudre» pour le Capitole. Son coeur s’est mis à battre la chamade, et «(sa) tête à rêver.» Vingt-neuf ans plus tard, à nouveau sous l’initiative de son directeur général, le monument historique vit la dernière phase d’une cure de jeunesse qui en fera un maillon majeur du quartier des spectacles, à Place d’Youville.

«Les débuts ont été très difficiles. Nous étions alors la seule salle de spectacles privée à Québec. La salle drainait tous nos profits», a raconté mardi Jean Pilote, la voix parfois étranglée par l’émotion, devant un parterre d’invités du monde artistique, politique et économique réuni dans le mythique immeuble vieux de 116 ans.

C’est à ce moment que la direction de l’établissement avait décidé de monter ses propres productions. Le succès d’Elvis Story, avec Martin Fontaine dans la peau du King, avait contribué à remettre les finances à flots.

À l’évocation des multiples défis relevés par Jean Pilote, le choix du mascaron, comme symbole de ce nouveau Capitole, n’est pas fortuit. L’ornement, sculpté dans la pierre et représentant un visage, était utilisé dans l’Antiquité pour chasser les mauvais esprits...

Les travaux de rénovation et d’expansion de quelque 45 millions$, fruit du travail de l’architecte Pierre Martin et de son équipe, permettront l’ajout d’un complexe hôtelier de 109 chambres, suites et penthouses, presque trois fois plus que dans l’ancien hôtel. L’endroit, dont l’ouverture est prévue pour septembre, offrira un panorama unique sur le Vieux-Québec. Une terrasse donnant sur Place d’Youville sera érigée sur le toit.

Salle de réception multifonctionnelle (baptisée Le Confessionnal), un restaurant Il Theatro sur deux étages, des salons privés et des salles de réunion et une piscine comptent parmi les autres nouveautés.

«Les anges du Capitole»

Dans son allocution, Jean Pilote n’a pas manqué de souligner la précieuse collaboration des membres de la classe politique et économique qui ont permis au Capitole d’être ce qu’il est aujourd’hui. Présent à la cérémonie, le maire Régis Labeaume a indiqué avoir «marché dans les pas de Jean-Paul L’Allier» salué pour son «aide inestimable».

Baptisées les «anges du Capitole» par le directeur général, les anciennes ministres de la Culture et des Communications, Liza Frulla et Christine Saint-Pierre, ont également eu un rôle important à jouer en débloquant des fonds pour la restauration du monument historique. «L’édifice avait été pillée, il y avait des infiltrations d’eau, les plâtres tombaient, a expliqué Mme Frulla au Soleil. Ça prenait beaucoup d’imagination pour dire qu’on allait remettre cette salle à la gloire d’antan.»

Des hommes d’affaires, approchés pour investir dans Le Capitole, ont également été salués au passage. Parmi eux, Jacques Tanguay, qui a décroché le téléphone pour convaincre d’autres investisseurs d’ouvrir leur portefeuille. «C’était une opportunité de relancer un coin culturel unique qu Canada. C’est un actif exceptionnel pour Québec», a-t-il indiqué aux journalistes, se remémorant ses visites au cinéma de Paris, à l’époque, avec sa mère.

Arrondissement patrimonial

En mêlée de presse, sur le chantier du complexe hôtelier, Jean Pilote est revenu sur la difficulté de réaliser des travaux dans un arrondissement patrimonial, à proximité des fortifications.

«Un bâtiment de neuf étages, ça ne s’était pas fait dans le Vieux-Québec depuis l’édifice Price (…) Le plus dur, ç’a été de passer à travers les autorisations. Un moment, ça plaisait à la Ville mais pas au ministère (de la Culture); le moment d’après, c’était le contraire. Ça relève pratiquement du miracle (d’avoir réussi).»


« L’édifice avait été pillé, il y avait des infiltrations d’eau, les plâtres tombaient. Ça prenait beaucoup d’imagination pour dire qu’on allait remettre cette salle à la gloire d’antan »
Liza Frulla, ancienne ministre de la Culture et des Communications

Le grand patron du Capitole 2.0 vise le mois de novembre pour la pendaison de la crémaillère. Il ne sait trop encore si cette nouvelle ère sera soulignée de façon aussi faste que le 21 novembre 1992, alors que le gala d’ouverture, diffusé à l’antenne de Télé Québec, s’était soldé par une facture de 800 000$.

Du dernier étage de son futur hôtel, Jean Pilote peut admirer la silhouette du Château Frontenac, là où plusieurs vedettes de passage à Québec ont leurs habitudes. Le nouveau Capitole compte bien lui souffler dans le dos. «Le Château sera toujours le Château, mais je veux être le numéro 2 et je vais le devenir.»