Richard Carpenter formait avec sa soeur Karen The Carpenters

Touche symphonique aux vieux enregistrements des Carpenters

WESTLAKE VILLAGE, Calif. — Karen Carpenter est décédée depuis belle lurette et pourtant, son oeuvre la plus remarquable vient de paraître. C'est du moins selon son frère, Richard, la deuxième moitié du groupe The Carpenters, qui s'est donné pour mission de garder la voix de soeur bien vivante depuis son décès, il y a 35 ans.

Sur l'album Carpenters with the Royal Philharmonic Orchestra, Richard Carpenter a ajouté des cordes à de nombreux enregistrements célèbres du duo, dont Close to You et Superstar.

Il a également fait résonner davantage la voix si particulière de Karen Carpenter, que l'on entend plus clairement que jamais.

En entrevue avec l'Associated Press à sa résidence du sud de la Californie, Richard Carpenter a avancé qu'il s'agissait de «leur meilleur album».

Les admirateurs de la première heure se sont dits enchantés par la nouvelle collection de chansons, qui comprend également le tube de Noël Merry Christmas Darling.

L'album s'est classé au 52e rang du classement de Billboard aux États-Unis après sa sortie le 7 décembre, et s'est propulsé dans le top 10 au Royaume-Uni et au Japon, deux pays où le groupe a eu beaucoup de succès. Un disque vinyle sortira en février.

Richard Carpenter n'était pas immédiatement convaincu lorsque Universal Music lui a demandé s'il voulait participer à la série de l'Orchestre philharmonique royal de Londres, qui a auparavant produit des albums d'Elvis Presley et d'Aretha Franklin. Mais il y a pensé, et il s'est dit qu'il pourrait apporter de légères modifications aux chansons du groupe, qui feraient une grande différence.

«Ça m'a donné la chance de changer quelques arrangements que je voulais faire depuis plusieurs années», a-t-il expliqué.

«Ce sont soit des augmentations de certaines parties existantes — il y a juste quelques musiciens de plus qui jouent ces parties — ou quelques petites choses différentes à un arrangement existant.»

M. Carpenter a dirigé lui-même l'orchestre composé de 80 musiciens aux studios d'Abbey Road. Il a supervisé le mixage, ce qui lui a donné une nouvelle chance de jouer son rôle traditionnel d'arrière-plan pour soutenir l'inoubliable voix alto de sa soeur, décédée des complications de l'anorexie à l'âge de 32 ans, en 1983.

«Je pense que Karen et moi sommes nés avec des talents complémentaires», a-t-il confié.

Des modifications subtiles

Dans certains cas — comme celui du solo de trompette piccolo dans «Goodbye To Love» — les changements sautent aux oreilles des mélomanes. Mais la plupart des modifications passeront inaperçues, et c'était voulu, selon M. Carpenter.

«La dernière chose que je voulais faire, c'est en faire trop», a-t-il souligné.

Il a également réussi à corriger des petites incongruités, qui avaient été laissées en raison de la précipitation du groupe à lancer des albums au sommet de sa popularité.

«Certaines choses ont été faites plus rapidement que je ne l'aurais préféré. Il y a certaines petites choses bizarres qui sont restées. C'est petit, mais si vous avez l'oreille pour l'entendre, vous l'entendez. Comme le bruit de la climatisation dans les premières lignes de "Yesterday Once More"», a-t-il indiqué.

«Tout cela est parti maintenant.»

Il a également enlevé une partie du bruit et de la réverbération autour de la voix de sa soeur et l'a rendue plus forte et plus claire.

«Je l'ai poussée encore plus que dans l'original. Et c'était déjà très joli dans l'original. Elle sonne, bien sûr, mieux que jamais», a-t-il relaté.

Le résultat final est bien plus qu'une simple collection d'enregistrements. C'est un album avec une ouverture, des interludes et des introductions nouvellement composés, une séquence choisie avec soin et des chansons qui se marient bien.

«C'est comme ça qu'il faut l'écouter. Si une personne a 66 minutes pour mettre de côté», a indiqué Richard Carpenter.

Les nouvelles versions sont conçues pour être des oeuvres à part entière, qui ne sont pas vouées à remplacer les anciennes.

«Je réalise qu'il y a des gens qui n'en voudront rien, des puristes, et je comprends», a reconnu M. Carpenter.

«Mais j'y ai pensé, et je me suis dit: "Eh bien, s'ils ne se soucient pas de ceci, les originaux sont toujours là.»