S’il entame tout juste la vingtaine, Thomas Bélair-Ferland fait de la musique depuis près d’une décennie.

Thomas Bélair-Ferland : Tracer sa route

Thomas Bélair-Ferland aime Les Sœurs Boulay. Beaucoup. Même qu’il leur a consacré toute une chanson, Sœurettes, qui n’est pas passée inaperçue sur le Web à sa sortie, fin janvier. À 21 ans, l’auteur-compositeur-interprète natif de Charlesbourg, qui a lancé cette semaine l’album Route baroque, est toutefois loin d’en être à ses premières armes en musique et sur les planches.

«Ce gars vient de casser mon Internet. Et de faire ma journée», a écrit Eli Bissonnette de la maison de disques Grosse Boîte — celle des Sœurs Boulay — en partageant le clip de Sœurettes sur Facebook. Dans les commentaires sur YouTube, la chanson s’est attirée de bons mots de Safia Nolin et d’Elliot Maginot, notamment. De quoi laisser l’auteur de l’hommage, qu’il traîne depuis quelques années, un peu incrédule.

«Ça fait longtemps que j’ai écrit cette chanson-là, c’était en 2016, raconte Thomas Bélair-Ferland. Je les ai vues en spectacle au Festif de Baie-Saint-Paul. Des fois, tu rencontres des artistes et c’est juste inexplicable, c’est viscéral.»

L’auteur-compositeur-interprète dit avoir attendu avant d’enregistrer Sœurettes de peur qu’elle soit perçue comme une satire venant d’un gars de 21 ans, dont l’entourage comprend plusieurs fans de hip-hop. Voilà qui est bien loin de la vérité pour celui qui a souvent vu Mélanie et Stéphanie en concert depuis qu’il les a découvertes.

«J’ai connecté d’une manière vraiment forte, surtout avec l’album 4488 de l’Amour, ajoute-t-il. Il y avait une sorte de fragilité. Dans ma vie, c’est arrivé vraiment au bon moment. Écouter ces chansons m’a guéri de certaines choses. C’est la simplicité de deux voix, des guitares, des arrangements élaborés mais pas trop qui donnent un produit fascinant. Il y a des chansons plus littéraires, d’autres qui sont dans un langage plus familier. Ça m’a jeté à terre.»

Depuis l’enfance

S’il entame tout juste la vingtaine, Thomas Bélair-Ferland fait de la musique depuis près d’une décennie. Une petite recherche dans les archives des journaux locaux fait état de sa participation dans des concours dès 2011 (dans la catégorie 10-13 ans, précisons-le). D’abord comme interprète, puis quelques années plus tard comme auteur-compositeur, à l’invitation d’une certaine Gabrielle Destroismaisons, alors marraine d’une compétition de jeunes talents au Festival de la chanson des Laurentides.

«Ça m’est resté dans la tête et j’ai fait mon premier démo à 15 ans. J’ai commencé ma petite carrière d’auteur-compositeur comme ça», relate Bélair-Ferland.

En 2017, il a lancé un premier enregistrement, Confectionner la lumière, sur lequel il a exploré la veine folk en français et en anglais. De fil en aiguille et de manière indépendante, il raconte avoir offert une soixantaine de spectacles avec cette première vraie carte de visite. «Je suis très fier parce que j’y suis allé à mon propre gré et ce sont vraiment mes compositions. Je fais aussi des reprises de chansons, parce que je suis chansonnier», précise l’étudiant en communication au Cégep Limoilou, qui gagne sa vie en chantant dans plusieurs bars de la capitale.

En parallèle, inspiré par le parcours et le discours de Dead Obies, il a développé spontanément un projet hip-hop baptisé Tébeihef et qu’on peut écouter sur les plateformes numériques.

Sur Route baroque, Thomas Bélair-Ferland poursuit son chemin folk avec une dose d’humour, décrivant les écueils qui viennent avec le fait de jouer dans les bars, plongeant dans certaines anxiétés ou rendant hommage à des «personnages» qu’il côtoie. On entend une parenté avec Émile Bilodeau, pour qui il a déjà chauffé les planches. Il cite aussi des influences du côté de Vincent Vallières, Patrice Michaud, James Blunt, Jason Mraz, Matt Holubowski ou Philippe Brach… Et des Sœurs Boulay? «Ça, ce n’est pas une surprise!» rigole-t-il.

Thomas Ferland-Bélair lancera officiellement Route baroque au café étudiant du Cégep Limoilou le 21 février. L’album est disponible depuis le 14 février.