Amélie Bergeron, directrice de la programmation des Gros Becs, et Jean-Philippe Joubert, directeur général, devant le futur chantier du théâtre jeunesse

Une saison charnière éclatée pour les Gros Becs

Le théâtre jeunesse les Gros Becs se prépare à vivre une année charnière dans son histoire. Alors que le directeur général Jean-Philippe Joubert se concentrera sur le chantier de la Caserne Dalhousie, le futur lieu de diffusion, la directrice de la programmation Amélie Bergeron a concocté la prochaine saison, qui sera diffusée sur la rue Saint-Jean.

Beau casse-tête que de proposer une programmation pour un public de spectateurs de 1 an à 17 ans avec plusieurs propositions pour chaque groupe d’âge, une variété de formes théâtrales et des thèmes attractifs. En parcourant les 16 propositions de la saison 2019-2020 des Gros Becs, on constate vite qu’Amélie Bergeron s’en est bien tirée.

Lorsqu’on lui demande de pointer ses prises les plus originales, elle nomme d’emblée Le cheval de bleu, une création du Théâtre de la Vieille 17 et des Voyageurs immobiles qui s’articule autour des histoires d’un grand-père disparu. «C’est une pièce bilingue, en français et en langage des signes québécois. Toute la proposition s’articule autour de ça, ce n’est pas un spectacle qui est simplement doublé», indique-t-elle.

Dans Le problème avec le rose, en co-présentation avec la Rotonde, quatre comédiens-danseurs évolueront sur une moquette rose fuchsia. «On y parle de l’identité du genre en demandant si le fait d’aimer le rose ou d’aimer danser nous contraint dans un genre. Tout ça à partir du point de vue de l’enfant, et non de l’adulte, ce qui est très rafraîchissant», explique Mme Bergeron.

«Le problème avec le rose», un spectacle de théâtre-danse sur les genres

Pour les 10 ans et plus, un public que les Gros Becs réussissent de plus en plus à attirer, il y a notamment Le petit avare, du théâtre du Gros Mécano, «une relecture de la pièce de Molière pour trois acteurs, Bertrand Alain, Marie-Lee Picknell et Maxime Robin, en alexandrins, et où les personnages féminins prennent plus de place», note la directrice.

Les 14 ans et plus (voire les adultes) ne voudront pas manquer L’Iliade, revue par Alessandro Baricco, adaptée et mise en scène par Marc Beaupré. Dix comédiens y scanderont le récit de la Guerre de Troie.

En décembre, les Gros Becs ramènent Baobab, une coproduction Théâtre Motus et de la troupe malienne Sô qui a plus de 500 représentations au compteur. «C’est notre spectacle bonbon, réconfortant, agréable. Un charmant conte africain, avec l’éminemment sympathique Widemir Normil à la narration», souligne Jean-Philippe Joubert.

«Baobab», du théâtre Motus et de la troupe malienne Sô sera le spectacle des fêtes des Gros Becs en 2019.

Il mettra en scène Les idées lumière, la nouvelle création des Nuages en pantalon inspirées d’expériences scientifiques. «Ça donne une espèce de cabaret, où on s’amuse à sauter du coq à l’âne à partir de phénomènes impressionnants qui suscitent la curiosité», note-t-il.

Valérie Laroche et Jonathan Gagnon forment la distribution de «Les idées lumière», une création articulée autour de phénomènes chimiques et physiques.

Le directeur général aura du pain sur la planche l’an prochain avec la campagne de financement publique et le chantier de la Caserne. Un projet pensé pour les générations futures, qui permettra aux Gros Becs de faire ce qu’ils font déjà, mais mieux, indique le dg. Un foyer, un café, des espaces d’accueil sur deux étages permettront de mieux accueillir les spectateurs et de varier les activités autour des spectacles. Joubert fait déjà de l’œil à l’institution voisine, le Musée de la civilisation, avec qui des partenariats potentiels seraient possibles.

En plus d’une salle principale d’environ 330 places, le nouveau lieu de diffusion aura une salle multifonctionnelle qui permettra d’accueillir des spectacles de petites jauges et de développer des créations. Les cas comme ceux de Block, une création techno, sonore et ludique de la compagnie française La boîte à sel née en résidence à Québec, pourraient se multiplier. «Offrir des résidences et de l’accompagnement de création est très difficile avec nos installations actuelles. À la Caserne, nous aurons davantage d’outils», se réjouit Jean-Philippe Joubert.

«Block» de la compagnie française Le Boîte à sel

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