En respectant les consignes de distanciation physique, le spectacle déambulatoire <em>Manque(s)</em> a été présenté à Premier Acte avant que la capitale ne passe en zone rouge.
En respectant les consignes de distanciation physique, le spectacle déambulatoire <em>Manque(s)</em> a été présenté à Premier Acte avant que la capitale ne passe en zone rouge.

«Une bouffée d’oxygène» pour le milieu culturel

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
«Une bouffée d’oxygène.» Voilà comment a résumé Marc Gourdeau l’annonce faite vendredi par le gouvernement du Québec à l’endroit du domaine culturel, en cette deuxième vague de pandémie de COVID-19.

Le premier ministre François Legault a annoncé une aide estimée à 50 millions $ au milieu culturel afin de compenser, notamment, les pertes en billetterie dans les zones rouges. La mesure se déploiera jusqu’à la fin mars.

Président du Conseil de la culture de la Capitale-Nationale et directeur général du théâtre Premier Acte, Marc Gourdeau a accueilli la nouvelle d’un bon œil. «Je ne l’ai pas pris comme s’ils allaient nous fermer cinq ou six mois, note-t-il. Mais c’est clair que d’ici la fin de la saison 2020-2021, si on diffuse, ça va être dans des jauges hyper réduites. Le programme permet de compenser.»

Les mesures annoncées vendredi permettent selon M. Gourdeau de dissiper, dans une certaine mesure, le flou qui entoure les arts de la scène en cette deuxième vague de COVID-19.

«On demandait un peu de prévisibilité. Là, on l’a. Le diable est dans les détails, mais globalement, ça répondait à une demande, toutes disciplines confondues. On voulait une compensation liée à la COVID, on voulait être capable de se projeter dans le temps et on voulait pouvoir honorer nos contrats avec les artistes. Ça va nous permettre de le faire.»

Le passage en zone rouge de certaines régions du Québec, dont la capitale, a soulevé bien des questionnements dans le milieu culturel, mis à mal dans les derniers mois et forcé de nouveau à fermer ses portes, malgré tous les efforts mis en place afin de se conformer aux consignes de santé publique. L’aide financière arrive comme un baume. Mais ce n’est pas une panacée pour Marc Gourdeau, qui s’inquiète de voir de plus en plus d’artistes et d’artisans du théâtre quitter la profession pour gagner leur vie ailleurs.

«Ça n’arrange pas tout, estime-t-il. On subit la COVID comme bien des pans de la société. Mais ça nous permet de nous projeter dans le temps un peu. On faisait de la gestion à la semaine. Là, on ne sait pas si on va pouvoir ouvrir dans un mois, mais on sait qu’on ne laissera pas les artistes sur la paille.»