La fabrique à slogans constitue la première étape du parcours de La république des rêves.

Un monde de possibles dans La république des rêves

Dans La république des rêves, il n’y a pas d’acteurs, mais des habitants. D’ailleurs, le jeu n’est pas accompli par les comédiens, mais bien par les spectateurs.

On parle de spectateurs, mais dans ce parcours déambulatoire créé par le Théâtre À l’Envers et présenté dans le cadre de Québec en toutes lettres, il n’y a rien de passif. «On est dans le théâtre relationnel», explique Benoît Gasnier, l’un des trois créateurs derrière le projet. «Avec le Théâtre À l’Envers, on travaille beaucoup sur la relation qui se crée avec les spectateurs. C’est pour ça qu’on a toujours des petites jauges, jamais vraiment plus de 60 personnes à la fois», poursuit-il. 

Le Soleil a eu droit, jeudi, à une visite des coulisses de cette expérience théâtrale, inspirée d’une nouvelle écrite par Bruno Schulz. Tentons ici d’en résumer l’essence. À leur arrivée au sous-sol de la Maison de la littérature, dans la zone où se trouve la petite scène, les participants seront accueillis par François Lavallée, un conteur de Montréal, qui les fera participer à sa fabrique de slogans. Par grappe de dix, ils franchiront ensuite le vestiaire, un petit espace sombre où les odeurs réveillent des souvenirs. Benoît Gasnier invitera ses convives à dépoussiérer leurs habits, avant de passer dans la zone principale, aménagée dans la petite agora. 

À ce moment, c’est Julie Seiller qui prend le relais pour proposer différents jeux et explorations. On trouve plusieurs petites zones : une roseraie où l’on est invité à recréer une odeur d’enfance; un endroit où l’on peut dormir debout, en écoutant différentes bandes sonores; un jeu de brindilles où l’on devient architecte de nuages… «On essaie vraiment de développer un langage sensoriel», détaille François Lavallée. L’idée, explique-t-il encore, est de retrouver un certain élan créatif de l’enfance. 

Dans la roseraie, les spectateurs pourront recréer une odeur d’enfance à partir de différents aromates.

Terreau fertile

Or, ce n’est encore là que la première phase de l’expérience, qui évoluera vers autre chose, vers la création possible (ou non), de cette république de rêves dont il est question. Nous n’en dirons pas plus pour conserver le plaisir des spectateurs, mais il s’agit là d’une proposition assez unique. 

C’est Julie Seiller qui est tombée par hasard sur le texte de Schulz, et qui y a trouvé un terreau fertile d’exploration. «Il a une écriture très sensorielle, on plonge dedans comme dans un film, avec tout notre corps», explique-t-elle. Le trio de créateurs derrière le spectacle a réalisé un large chantier, entre la France et Montréal, pour décortiquer l’œuvre, jusqu’à en tirer un langage commun, à travers lequel ils ont créé quelque chose de nouveau.

Le Théâtre À l’Envers poursuit à Québec une tournée québécoise entamée en collaboration avec Les Escales improbables de Montréal et Québec en toutes lettres. Des représentations auront lieu vendredi le 18 octobre à 15h, samedi le 19 octobre à 11h et 15h, et dimanche le 20 octobre à 11h, à la Maison de la littérature. Les billets sont à 15 $ pour les adultes, et 5 $ pour les enfants de 10 à 15 ans, qui sont encouragés à participer. Pour infos : www.quebecentouteslettres.com