Maxime Robin a raconté un récit touchant, bien écrit et bien livré.

Touchants souvenirs d'hiver

CRITIQUE / Très touchantes et saupoudrées de moments comiques, les histoires racontées par le théâtre La Vierge folle dans sa sixième édition des Contes à passer le temps nous font renouer avec ce qui rend la vie douce, belle, grotesque et tragique.
Maxime Robin amorce le spectacle par un récit très personnel, relatant la mort de son père il y a tout juste six ans, alors que les Contes, dont il est l'un des instigateurs, étaient présentés pour la première fois. Un texte touchant, bien écrit et bien livré, qui puise directement dans la réalité, même si elle l'égaie et l'entremêle avec l'histoire de la Reine des neiges - celle d'Andersen et celle de Disney.
L'horloge sonne, c'est l'heure pour un premier personnage de faire son entrée. Bertrand Alain, doué pour multiplier les interactions avec le public, incarne le propriétaire grincheux et acariâtre du Café Krieghoff, sur l'avenue Cartier, qui déteste tout et surtout Noël. Puis Raymonde Gagnier vient raconter son épopée au Benjo pour trouver un casse-tête des Tortues Ninja. Malgré - ou à cause - de l'enthousiasme de la comédienne, on perdait malheureusement plusieurs passages du récit.
Les deux premiers textes, L'assemblée des monstres et Casse-tête, souffraient un peu de la comparaison avec les autres contes de la soirée, nettement plus touchants, et avec ceux des années précédentes qui avaient mieux exploité les grinchs et les chasses aux cadeaux rocambolesques.
Il faut dire qu'après six ans, à raison de six contes par année, les Contes à passer le temps nous ont présenté un cortège de personnages de tous les caractères et de tous les âges. Ceux qui arrivent sur scène excédés et à bout, même s'ils nous font rire pendant les premières minutes, parviennent moins bien à nous faire entrer dans leur histoire et restent souvent prisonniers, malgré eux, de leur énergie négative.
Histoires d'amour
On retient surtout ceux qui nous secouent cordialement, comme le personnage joué par Frédérique Bradet dans Les diamants, de Noémie O'Farrell, et ceux qui nous font entrer tout doucement dans leurs souvenirs, comme Joséphine, jouée par Pascale Renaud-Hébert dans Les histoires inventées, dont elle signe aussi le texte. Les deux histoires évoquaient magnifiquement l'amour qui traverse le temps, la beauté des petits gestes, la vie qui brille, malgré tout. Les deux comédiennes nous ont habilement fait passer du rire aux larmes.
Maxime Beauregard-Martin a bien livré le conte inspiré de Limoilou et écrit par Sophie Grenier-Héroux. Son personnage de grand timide a tranquillement gagné notre sympathie et suscité les rires avec ses ruptures de ton inattendues.
La grande finale, où les personnages d'une nouvelle interprétation de la Reine des neiges prenaient vie sur scène, remporte la palme du moment comique. Un pur délire, avec une Reine, une fille des voleurs et une sorcière mémorables.
Les Contes à passer le temps sont à nouveau présentés du 15 au 18 décembre à la Maison historique Chevalier, dans le quartier Petit-Champlain.