«Sous la feuille»

«Sous la feuille»: dans la forêt des géants

Sous une grande feuille qui change de couleur, près d’un tronc d’arbre magique où dansent les ombres, deux personnages jouent, campent, bougent, chantent et se transforment. Josué Beaucage et Ariane Voineau signent un premier spectacle pour bambins ingénieux, espiègle et rempli de moments doux.

CRITIQUE / Pour construire Sous la feuille, les deux créateurs de Québec ont conjugué les disciplines. Elle danse, il joue de la musique, chante et compose. Tous les sens des jeunes spectateurs sont donc sollicités. Ça commence dès l’accueil, où tous doivent se départir de leurs chaussures et peuvent attendre en bougeant à leur aise dans une pièce qui baigne dans une douce lumière, et où l’on entend des sons de la forêt. On invite les adultes à laisser les enfants réagir à ce qu’ils vont voir. Seule consigne, qui pique déjà leur curiosité : rester sur la fourrure.

Les spectateurs se glissent sous des tentes, sur un grand tapis doux que les petites mains caressent avec ravissement. Josué Beaucage est assis sous une grande feuille verte et observe les feuilles placées dans un grand livre, devant un bocal contenant une petite tente et un arbre. «Un jour, je regardais la Terre de très loin...» Nous voilà partis dans une épopée, guidés par des mots soigneusement choisis, comme un poème.

«Sous la feuille»

Les deux interprètes joueront à cache-cache autour de l’arbre, le temps que les enfants les observent et apprivoisent. À chacun de leur passage, ils changent de place ou attrapent un nouvel accessoire. Le manège capte immédiatement l’attention des touts petits. L’univers qui nous est présenté est peuplé de sons, d’appels joyeux, de rythmes et de chants, assurés par la belle voix de Josué Beaucage.

Julie Lévesque, qui a conçu le décor, les costumes et les accessoires, a créé un magnifique univers, où les jeux d’échelle sont nombreux. Le livre du début grossit pour devenir une tente (où Beaucage ne peut entrer que sa tête, ce qui fait bien rire les spectateurs), alors que des tentes et des arbres minuscules sont placés près des spectateurs lorsque de la neige se met à tomber.

Ariane Voineau virevolte comme une feuille dans le vent et, instantanément, les petits corps se mettent à onduler sur le tapis de fourrure. Elle réussit à créer un personnage qui fouine et grouille autour du campement rien qu’en bougeant expressivement ses orteils dans la lumière d’une lampe de poche. En fouillant dans un sac à dos, elle se transformera en ourse.

«Sous la feuille»

On sort de la salle ravi, la tête pleine de belles images, avec l’envie de sourire devant toutes les merveilles minuscules et géantes qui nous entourent. Impressionné, aussi par le personnel d’accueil des Gros Becs, qui a su contrôler avec bienveillance et douceur deux jeunes rebelles en pull-UPS qui s’étaient éloignés du tapis pour aller jouer dans la neige.

Des représentations pour les familles sont prévues le 1er juin à 9h15, 10h45 et 13h et le 2 juin à 9h15 et 10h45, à la Maison pour la danse. Pour les 18 mois à 4 ans. Durée : 40 minutes. Info: larotonde.qc.ca et www.lesgrosbecs.qc.ca