Le vrai monde?

Soif de changement au Trident pour 2018-2019

Entre une «Antigone» revue et corrigée par la jeune génération, une nouvelle salve poétique pilotée par les sœurs Véronique et Gabrielle Côté et un grinçant souper de famille signé Fabien Cloutier, le Trident ne boudera pas ses envies de brasser un peu la cage la saison prochaine.

«Le fil rouge, c’est vraiment comment on peut changer le monde. Comment peut-on résister, se tenir debout, être clairvoyant, se dire la vérité, être conscient de nos affaires, mais en avançant? Et si on n’arrive pas à changer le monde, au moins de faire un pas dans cette direction…», résume la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, qui nous propose ici un bref survol de la programmation. 

Le vrai monde? du 18 septembre au 13 octobre 2018. Texte: Michel Tremblay; mise en scène: Marie-Hélène Gendreau

«J’aime beaucoup cette pièce-là. Je trouve qu’elle est bien construite et qu’elle a bien vieilli. Marie-Hélène, elle fait des mises en scène efficaces. J’ai très hâte de voir ce qu’elle va faire avec ça. Bien sûr, il y a Marcel Dubé et Gratien Gélinas. Mais pour moi, Michel Tremblay, c’est le père de notre dramaturgie.»

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La détresse et l’enchantement, du 6 novembre au 1er décembre 2018. Texte: Gabrielle Roy; mise en scène: Olivier Kemeid

La détresse et l'enchantement

«C’est un tour de force, ce que la comédienne Marie-Thérèse Fortin fait avec ce spectacle solo. Elle a une pensée tellement précise et elle y va tout en finesse, en grâce et en amour. On le voit qu’elle avait ce projet-là depuis des années. Là, elle est à la bonne place. J’ai tellement hâte que les gens de Québec la voient. C’est classique, mais pour moi, comme spectatrice, ça reste impressionnant de voir des solos.»

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Bonne retraite, Jocelyne, du 15 janvier au 9 février 2019. Texte et mise en scène: Fabien Cloutier

Bonne retraite, Jocelyne

«On le sait, Fabien Cloutier est délicieusement baveux. Mais il est surtout très intelligent. Là-dedans, on voit à quel point il est un fin observateur. Parfois, certaines personnes vont dire que c’est un peu vulgaire ou un peu grossier, mais là, c’est comme une œuvre impressionniste. C’est une partition orchestrale, tout le monde est là tout le temps. C’est un souper de famille qui va être joué au quart de tour.»

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Antigone, du 5 au 30 mars 2019. Texte: Sophocle, revisité par Pascale Renaud-Hébert, Marjolaine Beauchamp et Annick Lefebvre; mise en scène: Olivier Arteau

Antigone

«Ce que j’aime beaucoup du travail d’Olivier Arteau, c’est qu’il est très généreux dans ses propositions. Il sort du cadre: il bouge, il crie, c’est vivant. Je sais qu’il y a plein de gens qui connaissent son travail, mais il y a peut-être une partie de notre public qui ne le connaît pas. C’est cette rencontre-là que je trouve belle.»

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Je me soulève, du 23 avril au 18 mai 2019. Texte: une vingtaine de poètes québécois; mise en scène: Gabrielle et Véronique Côté

Je me soulève est la suite d’Attentats, présentée au Périscope l’an dernier, mais à plus grand déploiement.

«C’est la suite d’Attentat [présenté au Périscope l’an dernier], mais à plus grand déploiement. On parle de 20 interprètes plus des enfants, avec de la musique… L’idée est de développer ce langage performatif, de le pousser plus loin et de parler à plus de monde. […] Moi, j’ai été transfigurée par Attentat. Même en écrivant de la poésie, je me suis rendu compte que j’avais plein d’idées reçues sur la poésie. Là, ça parle d’engagement citoyen et de la poésie comme levier pour changer les choses. […] On ne connaît pas beaucoup nos poètes. C’est comme un grand luxe d’en découvrir 20!»