Anne-Marie Olivier, directrice artistique du Trident, a dévoilé le contenu de la nouvelle saison.

Saison 19-20 du Trident: revisiter ses classiques

Anne-Marie Olivier a toujours voulu se tenir loin du théâtre-musée, pour favoriser le théâtre ancré dans son époque, qui bouscule et bouleverse. Pourtant, en lisant les titres des pièces au programme de la prochaine saison du Trident, on cherchait d’où viendrait l’audace à laquelle la directrice artistique nous avait habitués.

Il fallait regarder la liste des collaborateurs de tous horizons qui viendront donner un nouveau souffle aux classiques.

Pour La duchesse de Langeais, une pièce peu montée de Michel Tremblay, ce sont les ajouts envisagés par la metteure en scène Marie-Hélène Gendreau qui allumaient Anne-Marie Olivier. Le dramaturge évoque plusieurs grandes œuvres qui pourraient être mises à contribution pour étoffer le texte. Au côté de Jacques Leblanc, un homme désespérément seul qui se vide le coeur sur la terrasse d’un tout inclus, le danseur Fabien Piché et le musicien Keith Kouna devraient amener un peu de punk dans l’équation.

Donner un texte de Brecht, Le cercle de craie caucasien, au metteur en scène Olivier Normand, était «un jumelage déterminant», croit la directrice artistique. «Parler de la déshumanisation, de comment la solidarité s’effrite en temps de crise» avec des interprètes qui savent chanter et danser, et l’aide du scénariste Patrick Dupuis, devrait nous mener sur des pistes inexplorées.

L’audace d’Eldorado de Laurent Gaudé, qui viendra clore la saison, repose sur son propos. «Nous sommes à l’aube des grandes crises migratoires. Ça nous concerne tous, dans un avenir prochain, et je crois que c’est crucial d’en parler», soutient Anne-Marie Olivier. On y suivra, deux épopées tragiques, celle d’une mère qui perd son enfant lors d’une traversée et une autre où deux migrants, joués par Leila Donabelle Kaze et Mamoudou Camara, quittent l’Afrique.

Anne-Marie Olivier

Grosses distributions

«C’est vraiment une saison de classiques. Là où on va chercher plus d’audace l’an prochain, ce sera dans les laboratoires, expose Anne-Marie Olivier. Steve Gagnon va travailler sur Anna Karénine à la Maison de la littérature et d’autres artistes, à annoncer, vont se pencher sur d’autres œuvres de répertoire.»

La prochaine saison contient de grosses distributions, qui montent jusqu’à 18 interprètes pour Roméo et Juliette, qui sera adapté par Rébecca Déraspe. «Elle n’aura pas peur de couper dans tout ce qui est superflu, tout ce qui ne nous dit rien aujourd’hui, et ça m’intéresse pas mal plus que de monter la version de François-Victor Hugo», souligne la directrice artistique, qui a confié la mise en scène à Jean-Philippe Joubert, qui arrivera avec toute son équipe de concepteurs.

Les Plouffe, le classique de Roger Lemelin, sera adapté par Isabelle Hubert et mis en scène par Maryse Lapierre, qui vit justement dans le quartier Saint-Sauveur. «J’ai envie que les gens renouent avec le roman, où Rita Toulouse est pas mal plus rock que dans le film», note la directrice artistique. Coproduit avec le théâtre Denise-Pelletier, à Montréal, le spectacle sera d’abord présenté à Québec, «ce qui allait de soi».

Tous les détails sur la prochaine saison à letrident.com