C’est à partir d’«On a mangé la dune», qui raconte «une année charnière» dans l’enfance d’Antonine Maillet, que Geneviève Tremblay a conçu son spectacle de marionnettes «Radi».

«Radi», l'hommage de Geneviève Tremblay à Antonine Maillet

Geneviève Tremblay, auteure de l’adaptation de la pièce «Radi», qui sera présentée à Québec pendant le festival Québec en toutes lettres, voue une admiration sans bornes pour Antonine Maillet. Pour elle, grandir dans un milieu anglophone, sans un seul auteur acadien pour lui montrer la voie, et réussir à atteindre un statut de son importance au sein de la francophonie, relève du tour de force.

«Si Antonine Maillet n’avait pas été fière de ses parents et du fait qu’elle était francophone, elle aurait très bien pu être une excellente auteure anglophone. Ç’aurait même été plus facile, ne serait-ce que pour la diffusion de ses œuvres», mentionne la jeune auteure et metteure en scène de Québec.

C’est en 2012, lors de la représentation à L’Assomption de Détour de chant, un spectacle bâti en collaboration avec Patrick Ouellet et consacré à l’écrivain Réjean Ducharme, que Geneviève Tremblay a fait connaissance avec la célèbre écrivaine.

«La première fois que je l’ai rencontrée, j’étais vraiment impressionnée, mais après cinq minutes, j’avais l’impression d’être avec ma grand-mère. C’est quelqu’un de très simple et de très agréable. Elle avait bien aimé notre adaptation. Elle nous a dit que si on avait le goût de faire quelque chose avec son œuvre, qu’elle serait bien contente.»

L’invitation n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde… Geneviève Tremblay a plongé dans l’œuvre de l’écrivaine acadienne. «On connaît tous La Sagouine et Pélagie-la-Charrette, mais elle a aussi écrit des textes théâtraux avec ses romans.»


« Elle nous a dit que si on avait le goût de faire quelque chose avec son œuvre, qu’elle serait bien contente »
Geneviève Tremblay, sur sa première rencontre avec Antonine Maillet
Trois comédiens acadiens — Bianca Richard (qui joue Radi), Isabelle Bartkowiak et Ludger Beaulieu — prêtent leur voix à une quinzaine de marionnettes.

Trois comédiens acadiens

C’est à partir de l’un de ces premiers ouvrages, On a mangé la dune, qui raconte «une année charnière» de son enfance, que Geneviève Tremblay a conçu un spectacle de marionnettes où Radi, une Antonine Maillet âgée d’environ 10 ans, noue un dialogue avec Radegonde, son alter ego adulte et vieillissant.

«C’est fantastiquement théâtral, cette rencontre de la même personne à deux âges de sa vie. Si on pouvait se revoir jeune, qu’est-ce qu’on se dirait? Si on se rencontrait plus vieux, on aurait aussi sûrement plusieurs questions à se poser.»

Trois comédiens acadiens — Bianca Richard (qui joue Radi), Isabelle Bartkowiak et Ludger Beaulieu — prêtent leur voix à une quinzaine de marionnettes que Geneviève Tremblay a elle-même fabriquées. «Si le spectacle avait été fait avec des comédiens québécois, je n’aurais pas essayé d’imiter l’accent. Avec des acteurs acadiens, c’est naturel. La langue acadienne, ce n’est pas seulement une question de prononciation, mais aussi de rythmes et d’accents toniques.»

Originaire de la Gaspésie, Geneviève Tremblay a eu l’occasion de faire plusieurs voyages, plus jeune, au pays de la Sagouine, d’où son amour pour ce coin de pays. «Moi, j’aimerais ça être Acadien, lance-t-elle. Tous ceux que j’ai rencontrés sont fiers de l’être. Après la déportation, beaucoup sont revenus et se sont réinstallés pacifiquement. Mme Maillet dit que les Acadiens sont comme des renards, ils sont rusés…»  

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• Quoi: Radi

• Quand: du 23 au 26 octobre (20h) et 27 octobre (15h)

• Où: Premier Acte, 870, de Salaberry

• Billets: 28$

• Info: quebecentouteslettres.com/programmation