Érika Gagnon (debout) et Léa Aubin, les deux protagonistes de la pièce «Nikki ne mourra pas», du Collectif des soeurs Amar, présentée à Premier Acte en novembre prochain.

Premier Acte: une 25e saison fidèle à son ADN

Il en a fait du chemin, le théâtre Premier Acte, depuis ses premiers pas à l’auberge de jeunesse du Vieux-Québec, rue Sainte-Ursule, en 1994. Vint-cinq ans et quelque dizaines de milliers spectateurs plus tard, l’incubateur de jeunes créateurs, maintenant installé avenue Salaberry, continue à jouer la carte de l’audace et du risque artistique. À preuve, une saison 2019-2020 qui surfe sur des thèmes en prise directe avec les grands bouleversements de notre époque.

«C’est vraiment une saison Premier Acte, une programmation qui correspond à son ADN», a déclaré fièrement, mardi avant-midi, le directeur général et artistique Marc Gourdeau, entouré de quelques-uns des jeunes comédiens et metteurs en scènes des huit pièces à l’affiche à compter de l’automne. Le dirigeant fait preuve d’enthousiasme et pour cause : plus de 40% des représentations de Premier Acte ont affiché complet la saison dernière. Et celle qui se termine s’inscrit dans une veine identique.

Mouvement #MeToo, monde du travail en mutation, santé mentale, quête du bonheur, déconnexion sociale, autant de sujets abordés par une nouvelle génération avide de prendre la parole.

Sur les planches, la parité entre les sexes n’est pas un vain mot à Premier Acte, se félicite Marc Gourdeau. À preuve, 65% des textes et des mises en scène de la prochaine saison sont des projets portés par des femmes.

La saison automnale sera l’affaire de trois productions : Fièvre, de Rosalie Cournoyer, s’intéresse à la relation d’aide et la santé mentale; Amour Amour, de Gabriel Cloutier Tremblay, sur la part de l’inné et de l’acquis dans les pulsions humaines; et Nikki ne mourra pas, des sœurs Laura, Florence et Claude Amar, au récit d’une adolescente vivant seule avec une mère alcoolique.

Cinq pièces se succèderont à l’hiver et au printemps 2020 : .ES, de Claudelle Houde-Labrecque, propose de «nouveaux discours sur les femmes»; Contre la suite du monde, de Claire Renaud et Jean-François Boisvenue, se veut «une exploration de nos dérives citoyennes et de l’épuisement politique» ; À l’affiche, adaptation de la pièce The Flick, d’Annie Baker, se déroule dans un cinéma où trois employés nouent des rapprochements tout en cherchant à rester eux-mêmes; Food Club de Samantha Clavet, aborde le «rapport malsain que nous entretenons avec la nourriture»; et finalement Meet_inc., de Valérie Boutin, Paul Fruteau De Laclos et Nicola Boulanger, est présenté comme une «vision décapante du monde du travail».

Tradition bien établie depuis neuf ans pendant la période des Fêtes, Les contes à passer le temps seront évidemment de retour, dans les voûtes de la Maison Chevalier. Avec, bien entendu, le fameux comptoir à desserts...