Hôtel-Dieu

Notre meilleur du théâtre

1. Hôtel-Dieu, vu le 16 janvier aux Gros Becs (Périscope nomade)

Au-delà d’une pièce de théâtre, c’est véritablement une expérience humaine qu’a proposé le collectif Nous sommes ici avec Hôtel-Dieu. Dans l’exploration des thèmes de la souffrance et du deuil, l’auteur et metteur en scène Alexandre Fecteau a convié des «experts», pour la plupart non acteurs, qui ont partagé sans pudeur leur histoire sur scène avant d’inviter les spectateurs à entrer dans le rituel qui leur a permis de reprendre le dessus. Ils se sont prêtés au jeu avec une ouverture, une générosité et un courage qui forcent l’admiration. Plusieurs moments poignants, des éclairs de lumière et une vraie célébration de la vie. (GB)

La parade des taupes

2. La parade des taupes, vu le 29 mai sur l’avenue Cartier

On aurait pu mettre l’accent sur le singulier et très réjouissant spectacle La nuit des taupes du Français Philippe Quesne, qui nous a donné envie de célébrer l’art et le rock avec les irrésistibles grosses bêtes qui ont investi la salle Octave-Crémazie pendant le Carrefour international de théâtre. On choisit plutôt de braquer nos projecteurs sur l’activité satellite qui a précédé la première, alors que la troupe de sympathiques poilus aux immenses paluches a créé l’événement en se baladant sur l’avenue Cartier. Beaucoup d’émerveillement, de la franche rigolade, un peu de peur… Voilà une (gigantesque!) main tendue vers un public qui ne va pas nécessairement au théâtre. (GB)

Cold Blood

3. Cold Blood, 6 juin au Grand Théâtre

Notre moment de bonheur suprême de l’année. Cette création venue de Belgique — fruit du travail de la chorégraphe Michèle Anne De Mey, du réalisateur Jaco van Dormael et du collectif Kiss and Cry — a littéralement conquis le public du Carrefour de théâtre par son incroyable originalité. Dans ce théâtre d’objet, des caméras filment des personnages joués par… les doigts et les mains des membres de la troupe. Un Boléro de Ravel revisité, un fabuleux spectacle de nageuses synchronisées, le décollage d’une fusée sur l’air de Space Oddity, il a été question de tout cela et de plus fou encore. Vraiment regrettable que l’annulation du spectacle, après une seule représentation, dans la foulée des manifestations liées au Sommet du G7, aie empêché davantage de monde de savourer ce tour de force à la puissance dix. (NP)

Amadeus

4. Amadeus, 26 avril au Grand Théâtre

La performance de Jacques Leblanc, dans la peau de Salieri, ce musicien nourrissant une jalousie maladive à l’endroit de Mozart (Pierre-Olivier Grondin, excellent lui aussi), a été l’un des moments forts de l’année théâtrale à Québec. C’est avec le souffle du marathonien que le comédien a porté la pièce sur ses épaules pendant quelque trois heures, sous une mise en scène réussie d’Alexandre Fecteau. Le jeu de Leblanc a été couronné de trois récompenses, pleinement méritées, dont le Prix Paul-Hébert. (NP)

Les contes à passer le temps

5. Les contes à passer le temps, 16 décembre à la Maison Chevalier

Même si la formule est implantée dans la tradition du temps des Fêtes à Québec depuis huit ans, jamais n’avais-je encore assisté à ce spectacle choral. J’ignorais ce que je ratais. C’était peut-être mieux ainsi… La version 2018, agrémentée pour la première fois de musique et de chansons, a donné lieu pendant très de trois heures à une série d’histoires féériques, touchantes et drôles qui ont su charmer petits et grands, cordés serrés dans les voûtes de la Maison Chevalier. On ne m’y reprendra plus : les contes de l’an prochain figurent déjà à mon agenda... (NP)