Marie-Hélène Gendreau, comédienne, metteure en scène et directrice artistique du Périscope
Marie-Hélène Gendreau, comédienne, metteure en scène et directrice artistique du Périscope

Nos personnalités de l'année: Marie-Hélène Gendreau

Marie-Hélène Gendreau a commencé 2019 en endossant son premier grand rôle de théâtre contemporain dans «Rotterdam», à la Bordée, et l’a terminé en mettant en scène «La duchesse de Langeais» et «Hope Town». Entre les deux, il y a eu «Foreman», co-mise en scène avec Olivier Arteau. Bref, elle fut partout, en plus d'assumer son rôle de directrice artistique du Périscope.

À l’aube de la quarantaine, elle dit prendre conscience de son potentiel et gagner en assurance et en instinct. Elle entend continuer faire rayonner des textes forts dans des mises en scène éclairantes et programmer, malgré les embûches, du théâtre de création au sein du théâtre qu’elle dirige.

Ton plus beau souvenir de 2019?

«Lorsque Michel Tremblay m’a écrit pour la mise en scène de La duchesse de Langeais. Il m’a dit : «Vous avez toutes les permissions que vous voulez, j’ai hâte!» J’ai été émerveillée qu’un grand monument de la dramaturgie québécoise fasse confiance aux jeunes créateurs, qu’ils les laissent exprimer ce que son texte leur fait aujourd’hui. Ça me donne confiance en la suite de mon art. Je trouvais ça tellement beau que l’auteur, 50 ans après avoir écrit la pièce, soit réanimé et attisé dans la création. Les paroles de Keith Kouna, la musique de Vincent Gagnon, le corps de Fabien Piché, le talent de Jacques Leblanc, il trouvait que ça montrait bien que la vie du personnage était fabulée à la fin de son existence.»

Ton coup de coeur culturel ou artistique de l’année?

«J’ai eu Alexandra Stréliski dans les oreilles toute l’année. J’aime l’espace qu’elle crée, l’ouverture, les tourments, la mélancolie. Je me sens profondément ancrée dans ce que je suis quand je l’écoute. Les compositeurs contemporains, comme elle et Jean-Michel Blais, réussissent une communion renversante et créent avec une liberté incroyable. Ça me nourrit beaucoup, autant dans ma discipline que comme humain.»

Une déception en 2019?

«Je trouve que la Ville de Québec pourrait faire plus pour l’environnement et l’écologie. Comment ça fait que ce n’est pas encore simple de composter dans nos maisons? Ce n’est plus de l’ordre du détail, il y a urgence. Aussi, je mène des batailles au quotidien pour mon milieu et ça n’avance pas aussi vite que je voudrais. On doit encore rappeler combien c’est profitable à la société de donner des fonds à la culture, comment ça aide à réfléchir ensemble. Avec le théâtre de création, on est toujours une corde raide financière.»

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi en 2020?

«Je vais créer la mise en scène de la pièce Les enfants au théâtre Jean-Duceppe, un texte qui parle de notre legs aux prochaines générations et qui soulèvent des dilemmes moraux assez intéressants. Ma mise en scène de La duchesse de Langeais va sûrement partir en tournée, celle de Hope Town va être présentée à la Licorne et celle de Foreman va être représentée ici à l’automne prochain. Madra, un thriller psychologique que j’ai monté l’an dernier, s’en vient au Périscope en mars.»

Quel est ton souhait pour 2020?

«Dans notre rythme actuel de performance, c’est difficile de se sentir à l’écoute et assez présent pour nos proches qui sont paralysés par l’anxiété ou par un problème de santé mentale. J’aimerais organiser encore mieux mon temps pour ne pas culpabiliser et me sentir au bon endroit au bon moment. Il faut continuer cette fameuse recherche d’équilibre.»