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Jonathan Gagnon dans la pièce <em>Exercices de style</em> au Trident. 
Jonathan Gagnon dans la pièce <em>Exercices de style</em> au Trident. 

Nos personnalités de l’année: Jonathan Gagnon

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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L’année 2020 a été éprouvante pour la plupart d’entre nous. Pour le comédien Jonathan Gagnon, elle a de surcroît eu un côté un brin rocambolesque.

En vacances à l’étranger quand les premiers signes de la pandémie se sont pointés, il est revenu au pays. Une petite journée de tournage et hop!, le voilà en confinement. Rongeant son frein pendant que le Québec était «sur pause», l’acteur s’est impliqué dans plusieurs petits boulots — livreur, caissier, etc. — et il s’était même inscrit pour travailler en CHSLD.

La reprise des tournages a ramené Jonathan Gagnon vers son vrai métier et la réouverture des théâtres lui a permis — pour une semaine seulement — de retrouver le public, alors qu’il portait en solo au Trident le texte Exercices de style de Raymond Queneau, un rôle loin d’être facile qu’il avait appris pratiquement au pied levé. Pas de chance, les mesures sanitaires ont été resserrées et les salles fermées.

Notre homme a profité de sa pause théâtrale pour tourner (il cite District 31, Toute la vérité et Les beaux malaises).

Et voilà qu’il boucle l’année en faisant rigoler les téléspectateurs dans la très sympathique nouvelle campagne publicitaire du lait. Il y incarne un papa qui sera tantôt «Peurre Nowell» ou «Paolo Nowell» pour préserver la magie des Fêtes auprès de son fiston...

Q   Quel a été ton meilleur souvenir de 2020?

R   Juste avant que tout ferme, j’ai fait un voyage à Dubai, au Moyen-Orient. Ç’a été formidable. Trois jours à Londres, puis on est parti en croisière. C’était un peu audacieux, parce que ça commençait à brasser, mais notre agent de voyage nous disait qu’il n’y avait pas d’annulation. On a donc fait une croisière à partir de Dubai, puis Abu Dhabi, Oman… J’ai vu quelque chose de magnifique chaque jour. Ce voyage-là m’a fait vraiment du bien.

Q   Quel a été ton coup de cœur artistique ou culturel en 2020?

R   Au premier confinement, quand on a commencé à faire beaucoup de Netflix et autres, je me suis lancé dans une série québécoise, C’est comme ça que je t’aime de François Létourneau et réalisée par Jean-François Rivard. C’est extraordinaire. Je rêve de jouer dans une affaire de même. C’est bien joué, bien écrit, super réalisation. Ç’a été un coup de cœur incroyable. C’est drôle et c’est singulier, aussi. Ce n’est pas quelque chose qu’on a vu. Il y a un ton un peu décalé et le casting est parfait.

Q   Une déception en 2020?

Le comédien Jonathan Gagnon

R   C’est très personnel, mais j’ai perçu une incohérence dans les choix du gouvernement par rapport aux fermetures et aux ouvertures de secteurs. Ça me paraît très incohérent que les gens puissent se ramasser par centaines dans un Costco, mais qu’un théâtre, où il n’y a jamais eu d’éclosion et où les règles sanitaires sont respectées de manière presque militaire, soit fermé.

Malgré ce que le premier ministre peut dire, ça montre encore que la culture n’est pas une priorité. C’est sûr qu’on peut mettre un bémol en disant qu’on est en pandémie mondiale et que la priorité va aux soins de santé. Mais la culture aussi, ça fait du bien à l’âme et à la santé mentale.

J’ai un peu de mal à les suivre dans leurs choix et leurs décisions. Je sais que pour eux aussi, c’est la première fois qu’ils ont à gérer une situation comme ça. Mais quand je vois des files d’attente au Costco et que moi, je ne peux pas travailler parce qu’ils ferment les théâtres, je ne comprends pas.

Q   Que te réserve 2021?

R   J’ai une grosse saison de théâtre qui s’en vient. Il va y avoir une tournée de théâtre pour enfants. C’est un spectacle de Nuages en pantalon qui s’appelle Les idées lumière

Je dois faire un théâtre d’été. 

Il va y avoir la reprise d’Exercices de style [au Trident]… Bien sûr, si c’est possible. Et je devais faire un show au Trident l’année prochaine, si ça fonctionne encore.

On dirait que pour le théâtre, on ne le sait pas… Mais je fais partie de la distribution de la deuxième saison de La faille [à TVA]. Ça va être tourné en partie au Château Frontenac à Québec. J’avais commencé à tourner ça à mon retour de voyage, parce que j’avais décroché le rôle quand j’étais sur le bateau de croisière. On a fait une journée de tournage, puis il y a eu le confinement et tout a été stoppé. Comme c’est un tournage d’hiver, ils ont reporté ça en janvier 2021. Ça c’est le fun et j’ai l’impression que ça va se faire.

Pour le théâtre, je me croise les doigts, mais c’est tellement devant une grosse incertitude. Je ne sais pas si ça va se faire ou quand ça va se faire.

Et j’enseigne au Conservatoire, aussi. C’est l’une des tâches dans mon agenda qui me remplit de joie. L’enseignement, c’est extraordinaire.

Q   Que souhaites-tu pour 2021?

R   Je nous souhaite de la bienveillance pour soi et pour tout le monde. On a vécu un gros choc, on est un peu en syndrome de stress post-traumatique. Soyons doux et gentils envers les humains. Moi, c’est de ça que j’ai besoin en ce moment. Donc j’essaie de transmettre ça.

Au-delà de ça, je souhaite un retour à une vie un peu plus normale. Mais qu’est-ce que la normalité en 2021? Peut-être quelque chose qui nous permettra de retrouver un peu de chaleur humaine. J’ai hâte de pouvoir prendre ma mère dans mes bras sans avoir peur de la contaminer d’un virus potentiellement mortel.