Dans la pièce jeunesse Marco Bleu, présentée aux Gros Becs, un gamin est transporté dans un univers imaginaire, où il fait la rencontre d’un personnage qui l’aidera à composer avec sa nouvelle situation familiale.

«Marco Bleu»: éloge de la tolérance

CRITIQUE / L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur n’est pas toujours synonyme de réjouissances pour un gamin. La jalousie et la peur de perdre sa place dans le cœur de ses parents contribuent parfois à nourrir l’anxiété chez lui. D’où l’importance de dédramatiser l’événement grâce à l’imaginaire comme le fait la pièce jeunesse «Marco Bleu».

Le Théâtre de l’œil, qui présente cette production aux Gros Becs jusqu’au 6 mars, s’appuie sur le livre de Larry Tremblay, Même pas vrai, et l’utilisation de marionnettes pour livrer ce message de tolérance de façon ludique aux tout-petits. Le résultat est efficace puisque c’est dans un silence religieux, et avec une fascination de tous les instants, que les élèves de l’école Les pionniers de Saint-Augustin ont accueilli la pièce, mardi matin.

C’est après avoir ingéré une pilule lui permettant de dessiner, prise à l’invitation de son amie Gina, que Marco, sept ans «et demi», s’inventera une histoire où il sera transporté dans un autre univers, où l’attend son pendant extraterrestre, Marco Bleu. Dans ce monde, il n’existe que des fins de semaine et une machine à bonbons fait le bonheur de son unique habitant.

Marco peut fouiller dans la tête de son double, ce qui lui permet de découvrir qu’une monde nouveau peut aussi être une occasion de vivre de belles surprises. D’où le lien avec l’arrivée de cette petite sœur supposément dérangeante...

Le quatuor d’interprètes formé d’Éloi Cousineau, Jérémie Desbiens, Julie Renault et Alex Trahan s’activent avec bonheur et grâce pour donner vie aux marionnettes et aux parents du petit Marco. À la fois simple et ingénieuse, la mise en scène Martine Beaulne et d’André Laliberté se déploie à travers plusieurs belles trouvailles. Posés sur le sol, des hémicycles métalliques avec des papiers froissés se déploient pour devenir une coupole surplombant l’univers de Marco Bleu.

Une scène se déroulant la nuit, avec un robot invité à compter les moutons pour s’endormir, s’avère d’une grande originalité par l’utilisation de la phosphorescence. Ici et là, le passage d’une étoile filante et une éclipse de Terre ajoutent une belle touche d’inventivité.