Paul Hébert a posé les assises de plusieurs théâtres québécois, dont le Trident, dont il a été le premier directeur artistique en 1970.

Les grands disparus du théâtre et de la danse

À l’instar de l’année 2016, 2017 a été marquée par la perte de plusieurs grands noms de la colonie artistique. Voici quelques-uns de ceux à qui nous avons dit au revoir au cours des derniers mois, mais dont nous n'oublieront pas le talent.

- Paul Hébert, 20 avril, 92 ans

Doyen des comédiens de la capitale, Paul Hébert a incarné au fil d’une riche carrière d’innombrables personnages sur les planches (dont Don Quichotte dans l’adaptation de Jean-Pierre Ronfard, Prospero dans La tempête de Shakespeare mise en scène par Robert Lepage ou Tcheboutykine dans Les trois sœurs de Tchekhov, sous la direction de Wajdi Mouawad) et au petit écran (Sous le signe du lion, Le paradis terrestre, Race de monde, Cormoran ou Le temps d’une paix). Au cinéma, il a tenu des rôles dans des films de Gilles Carle (La vie heureuse de Léopold Z), Francis Mankiewicz (Les beaux souvenirs), Yves Simoneau (Les fous de Bassan) et Robert Lepage (Le confessionnal). Entre les années 50 et 80 il a posé les assises de plusieurs théâtres québécois, notamment celles du Trident, dont il a été le premier directeur artistique en 1970. Comme pédagogue, Paul Hébert a enseigné à l’École nationale de théâtre puis dirigé les conservatoires d’art dramatique de Montréal et de Québec. 

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- Réjean Ducharme, 21 août, 76 ans 

Romancier, dramaturge, scénariste, parolier et sculpteur, l’énigmatique Réjean Ducharme s’est éteint après avoir marqué la scène culturelle québécoise tout en cultivant le plus strict anonymat. L’écrivain a connu un succès monstre à 25 ans avec son premier roman, L’avalée des avalés, publié en France chez Gallimard, nommé en 1966 pour le prix Goncourt et récompensé d’un prix du Gouverneur général. On lui doit des romans comme Le Nez qui voque, L’Océantume, L’hiver de force et Les enfantômes. Parmi ses œuvres théâtrales, citons Le Cid maghané, Le Marquis qui perdit, Inès Pérée et Inat Tendu ou Ha ha!... Comme parolier, Réjean Ducharme a pu entendre ses mots dans la bouche de Robert Charlebois et de Pauline Julien. Au cinéma, il a signé le scénario des films Les bons débarras et Les beaux souvenirs de Francis Mankiewicz. Sous le pseudonyme de Roch Plante, Réjean Ducharme créait aussi des sculptures baptisées «trophoux». Son seul lien avec le public et l’industrie, sa femme Claire Richard, est décédée l’an dernier. Il était atteint d’un cancer.

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- Trisha Brown, 18 mars, 80 ans

Danseuse et chorégraphe américaine, Trisha Brown est l’une des figures marquantes du courant post-moderne. Elle rejette l’idée de la scène et apporte la danse dans des endroits insolites comme les rues ou les toits d’édifices. En 1970, elle fonde sa propre compagnie, la Trisha Brown Dance Company qui existe toujours à New York. Son travail est teinté d’expérimentation et d’improvisation, ainsi que de collaborations étroites avec les grands noms des arts visuels. Elle introduit la danse dans les musées et s’adonne elle-même à la peinture et au dessin. Au cours de sa carrière, elle a créé plus de 100 chorégraphies. Comme danseuse, elle se  retire de la scène en 2008. Daphné Bédard

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- Vincent Warren, 25 octobre, 79 ans

Né à Jacksonville, aux États-Unis, Vincent Warren est recruté à 22 ans par Ludmilla Chriaeff pour venir danser à Montréal avec Les Grands Ballets Canadiens. Charismatique et populaire auprès du public, il devient quatre ans plus tard Premier danseur de la troupe. Il restera toujours proche de la compagnie et de l’École supérieure de ballet du Québec, où il enseigne l’histoire de la danse et fonde la Bibliothèque de la danse, qui contient plus de 27 000 documents et porte aujourd’hui son nom. En mai, il recevait l’Ordre des arts et des lettres du Québec. L’an dernier sortait le documentaire Un homme de danse réalisé par Marie Brodeur, qui retrace son parcours. 

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SANS OUBLIER

- Janine Charrat, 29 août, 93 ans