La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau. 
La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau. 

Le Périscope se tourne vers le virtuel… et le téléphone

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Comme toutes les salles de spectacles en «zones rouges», le Périscope a été contraint de fermer ses planches au moins jusqu’à la fin du mois. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le théâtre et ses artisans refusent de garder le silence et se tournent vers le Web et le téléphone pour garder contact avec leur public.

Avec une jauge de quatre spectateurs par représentation, l’équipe d’Ubus Théâtre, en collaboration avec Pupulus Mordicus, avait multiplié les efforts pour se réinventer en temps de pandémie avec Le pommetier. Un déambulatoire poétique entre les murs du Périscope et un (preque) tête-à-tête avec cette plus que sympathique Bérangère dans l’autobus-théâtre d’Ubus. L’expérience intime, mais respectant toutes les règles de distanciation physique, a dû être interrompue avec le resserrement des consignes sanitaires. Mais l’équipe persiste et signe en demandant la collaboration de ses artisans et du public afin de créer une œuvre sonore, Le murmure du Pommetier.

Dès le 13 octobre, une compilation de témoignages d’artistes, de concepteurs et de spectateurs sera mise en ligne sur le site du Périscope et sur les réseaux sociaux d’Ubus Théâtre et de Pupulus Mordicus. 

Dans le contexte des Journées de la culture, la coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau, nous convie de son côté à une causerie virtuelle, Faire du théâtre : une histoire de collaboration, qui dévoilera certains secrets de coulisses liés à la création théâtrale. Ça se passera le 13 octobre à 16h. L’événement est offert gratuitement, mais il faut réserver au www.theatreperiscope.qc.ca.

«Ça me fait vraiment plaisir de penser faire des liens entre mon travail en direction artistique et le travail de metteur en scène sur de grosses productions ou de plus petites productions. Qu’est-ce que ça demande comme revirements, qu’est-ce que ça implique?», résume Marie-Hélène Gendreau, qui mettra dans le coup le directeur technique du Périscope, Mathieu C. Bernard. 

«Ce sont souvent nos fidèles qui ont envie de participer à ce genre de causeries. On va essayer d’avoir un angle nouveau», ajoute-t-elle. 

Retour du projet Au creux de l'oreille

Après avoir connu un franc succès au printemps dernier, le projet Au creux de l’oreille reprendra du service du 14 octobre au 14 novembre. Le concept demeure le même : sur rendez-vous, les amateurs de théâtre pourront recevoir un appel téléphonique d’une vingtaine de minutes pendant lesquelles un comédien professionnel leur fera la lecture d’extraits d’œuvres de son choix. 

Déjà plus de 320 artistes et 2400 personnes du public ont pris part au projet lancé au Québec le 22 avril dernier, rappelle l’équipe du Périscope. 

Pour cette deuxième vague théâtrale téléphonique, une contribution de 15 $ sera demandée aux auditeurs (réservations au www.theatreperiscope.qc.ca). 

«On a eu une subvention. Donc non seulement on va continuer à faire du bien aux gens, mais on va pouvoir rémunérer les auteurs et les interprètes. On paie maintenant les artistes dans une initiative qui était d’abord bénévole. Dans le contexte actuel, c’est encore plus essentiel», précise Marie-Hélène Gendreau. 

«Il y a 130 appels qui sont ouverts au grand public, mais en tout, il y a 750 appels qui vont se faire, ajoute-t-elle. Il y a énormément d’appels qui vont se faire à des organismes et des clientèles plus vulnérables pour continuer d’essayer de faire une différence et d’entrer dans des maisonnées de gens qui sont beaucoup plus isolés.»

Pour l’équipe du Périscope et ses collaborateurs, l’effort est considérable, mais la volonté de demeurer présente aux côtés des spectateurs prime en cette nouvelle période de confinement culturel. 

«Pour moi, c’est ce qui importe le plus, estime Marie-Hélène Gendreau. Ne pas abandonner les artistes, bien entendu, mais le public aussi. Il compte, il est là, il en a besoin. C’est la moindre des choses de tenter de différentes manières de se rendre à lui, de se poser un peu dans son quotidien pour faire une différence et donner ce petit réconfort dont on a besoin pour rester dans la lumière...»