Les artisans du Périscope ont lancé leur saison 2018-2019 mercredi. Le théâtre a subi une véritable cure de rajeunissement, après neuf mois de travaux.

Le Périscope retrouve son théâtre

Après neuf mois de galère pour présenter ses spectacles alors que son bâtiment était en rénovation, l’équipe du Périscope a enfin pu retrouver son domicile. C’est donc dans un théâtre rajeuni et bien solide que les 12 pièces de la saison 2018-2018 ont été dévoilées mercredi.

Le Périscope pensait profiter de la pause estivale, l’an dernier, pour s’offrir une cure de jeunesse et accueillir à l’automne ses spectateurs dans un édifice revampé. La découverte d’un problème structural sur son bâtiment a compliqué les choses pour l’équipe, qui a finalement été contrainte de relocaliser ses pièces aux quatre coins de la ville : entre l’Université Laval et le Centre des Congrès, le Conservatoire, les Gros Becs et la Caserne Dalhousie. 

«Ç’a été une année éprouvante», confirme la directrice générale du Périscope, Marie-Ève Dumont, qui se réjouit néanmoins du soutien obtenu pendant les derniers mois. «On est très heureux du public qui nous a suivis de façon extraordinaire, ajoute-t-elle. On a eu un taux d’occupation de 78 %, ce qui est incroyable.»

Outre quelques travaux de finition à faire pendant l’été — dont l’installation d’une marquise électronique —, les rénos, qui ont nécessité des investissements de 2,8 millions $, sont maintenant choses du passé. Parmi les changements notables, le revêtement extérieur a été complètement refait, sauf la façade ornée d’une inscription en hébreu donnant sur la rue Crémazie, héritage de l’ancienne vie du bâtiment de 1942, autrefois une synagogue. Des travaux de mise aux normes ont touché le système de ventilation et de gicleurs. Les revêtements de sol, le bar, les loges et la billetterie ont aussi été rajeunis. 

Quant à ce fameux «problème structural» qui menaçait le toit, il a nécessité la démolition et la reconstruction complète d’un mur. «Ç’a été un gros morceau, mais on en a profité pour améliorer l’insonorisation entre nos deux salles.» Des spectacles pourront donc dorénavant être présentés simultanément sur la scène principale et au studio Marc-Doré. 

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CINQ SPECTACLES À VOIR EN 2018-19

Chapitres de la chute — Saga des Lehman Brothers

Texte: Stefano Massini

Mise en scène: Olivier Lépine

Du 11 au 29 septembre

«C’est un texte colossal de Stefano Massini. C’est un show de festival, carrément. C’est un show de quatre heures qu’on suit comme on suit avec haleine et attention une télésérie américaine. C’est en trois parties. Ça parle des 150 ans d’histoire de la formation de l’empire du capitalisme aux États-Unis. C’est les frères Lehman qui débarquent de Bavière, qui créent le commerce de coton et qui finissent par créer la banque d’investissement des Lehman Brothers, qui, on le sait, s’effondre en 2008.» — La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau

Manifeste de la Jeune-Fille

Texte et mise en scène: Olivier Choinière

Du 9 au 20 octobre

«Les textes d’Olivier Choinière ne laissent personne indifférent. Il a à cœur de placer le spectateur dans une forme de représentation théâtrale qui déstabilise, qui le confronte, qui le force à se regarder dans un miroir. Son écriture est très fine. Cette fois-ci, nous aurons sept top modèles qui n’ont ni âge, ni sexe, qui paraderont pour nous. […] C’est un regard sur notre société de consommation, sur notre rapport à la superficialité, à notre envie de toujours vouloir plus de matériel, plus de beauté.» — La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau

Le baptême de la petite

Texte: Isabelle Hubert

Mise en scène: Jean-Sébastien Ouellette

Du 23 octobre au 10 novembre

La pièce est en création et sera présentée tout l’été au Théâtre du Bic. 

«Nous, comme créateurs, on souhaite relever un certain nombre de défis. […] Le défi de parler de rituels religieux, de nos repères perdus quand on a abandonné la religion catholique, tout en étant intéressants. Le défi de soutenir que la comédie peut traiter de sujets édifiants. C’est très drôle, très tragique, on le souhaite un peu intelligent et c’est aussi souvent con...» — L’auteure Isabelle Hubert

La porte du non-retour

Texte, mise en scène et photographie: Philippe Ducros

Du 5 au 12 février

«C’est une expérience théâtrale qui se vit en solo, explique Marie-Hélène Gendreau. Ça se vit sur les heures d’ouverture de la billetterie, ça n’a rien à voir avec se présenter le soir et de recevoir une œuvre entouré de plein de gens. On enfile un casque d’écoute, il y a un narrateur. On circule dans notre studio Marc-Doré et dans notre local de répétition pour entendre des fragments des pèlerinages que Philippe Ducros a lui-même faits. […] Ça met de l’avant des gens qui vivent une réalité beaucoup plus rude que la nôtre, en zones de guerre. Il y a 50 photos, c’est vraiment un déambulatoire photographique et théâtral.» — La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau

Les murailles 

Texte: Erika Soucy

Mise en scène: Maxime Carbonneau

Du 9 au 20 avril

«C’est un projet fort important. Vous avez peut-être lu Les murailles, d’Erika Soucy. Elle adapte son roman et montera sur scène. On n’a pas besoin de la présenter comme auteure, puisqu’elle connaît un grand succès. […] Elle jouera son propre rôle.» — La coordonnatrice artistique du Périscope, Marie-Hélène Gendreau

Détails et programmation complète au www.theatreperiscope.qc.ca